mercredi 9 mai 2018

la coupure




Père Lachaise, Gérard de Nerval.

Où êtes vous , ô morts qui dormez sous la pierre,
Quel triste et lourd secret à la fin vîtes vous?
Vers quelle vérité, ultime rendez-vous,
S'achemine le cours de votre fin dernière?

Vos stèles apaisées grisées de chien et loup
Racontent des destins entre idylle et rapière,
Les dilemmes pesés d'archanges en saint Pierre,
Payés de la monnaie de l'aumône et du clou..

Vos tombeaux assombris de terribles histoires
Vivants gardiens loyaux de vos humbles mémoires,
Enseignent au passant le dédain de l'oubli.

J'aime entendre en ces lieux quelque macabre foire,
Loin du trouble mondain du luxe et de la gloire,
Quand l'immortel pardon toute mort ennoblit.



dimanche 15 avril 2018

Don




Charles Lucien Léandre Sur champ d'or



Regarde moi je suis la jeunesse éternelle,
Miroir enchevêtré de cheveux demi longs,
La parfaite psyché aux orbes d'yeux oblongs,
Pleurant l'immortelle plainte des ritournelles.

Regarde moi bâtard, je suis la légitime,
Rousse fille du celte aux Gaulois mâtiné,
Mon sourire aux Latins a parfois butiné
Plus d'un trésor mutin, céleste ou maritime.

Vois-tu mon manteau d'ombre et mon derme nacré,
Sais-tu qu'il m'en coûta d'ignobles sacrifices,
Vois-tu mon oeil chagrin sans aucun artifice,
Dont la trace ou la larme a le goût du sacré?

Ce passé flamboyant, je l'offre à la détresse
Des pauvres incroyants privés d'immensité,
Afin que du parcours d'arabesques cités
Mon âme inanimée soit la sainte prêtresse.



 

lundi 2 avril 2018

Pâques

A Christian, quel beau prénom...


Au printemps des genèses naquit l'animal,
Cette perfection entre esprit et instinct,
Se battre et perpétrer la race, quel destin,
Ignorant le devoir, ni le bien , ni le mal..

Vint l'homme tout puissant à l'image de Dieu,
Ce faible nourrisson voué aux servitudes,
Condamné aux sévices, aux vicissitudes,
Ballotté de bon jours en funestes adieux.

Mais dans cet oeil de mâle luisait l'étincelle,
Celle de l'art , des sciences, qui à la fin scelle
Le secret de nos vies.Si tu veux retrouver

Quiconque tu aimas supplie le seul démiurge,
Le seul qui assuma ton opprobre et ta purge,
Portant au Golgotha la croix du réprouvé.


Chagall: l'artiste et la crucifixion.



Résultat de recherche d'images pour "crucifixion peinture"




dimanche 14 janvier 2018

Sacré Coeur




Crucifix, Cimabue, Santa  Croce de Florence.



J'entends tant de questions dans la meute aux abois,
Tant de tristes détresses,  ô terrible énigme,
Est-ce la faux qui sauve où le faux sonne en dogme?
La solution finale réside en ce bois.

Bien sûr seule la mort est l'ultime réponse,
Le dernier grand brasier, la gerbe d'étincelles,
L'aurore renaissante , l'aube jouvencelle,
L'Ange exterminateur de sa trompe l'annonce.

Son sacrifice est vrai, ma seule certitude
Réside en cet ailleurs promis aux multitudes,
Ce mot d'amour sanglant exsudé du seul coeur,

Ce  coeur qui tant m'aima qu'en  suinte  l'orifice,
Qui enseigne en saignant les dévots à l'office,
Son pardon irradie crucifiant la rancoeur.


samedi 23 décembre 2017

20 décembre 2009




Comme une eau de rosée trop vite évaporée,
 Portant l' ample reflet des vastes sycomores,
 Avant d' être absorbée au ciel, bue par l' aurore,
 Abandonne un calice floral éploré,

 Tu étais en bourgeon le jardin d' Arcadie,
 L'âge d' or sommeillait en tes formes graciles,
 Le paradis perdu d' eldorados faciles
 A dû capituler face à la maladie.

 Pour orner l' univers d' une étoile de sang,
 Le don sacrificiel d' une existence en germe
 Aux soifs de renaissance a apposé le terme,
Irradiant nos coeurs d' un mal incandescent.

 D'un baume lacrymal comme un martyr sois oint,
 Qu' au grand livre de vie ton nom l' on reconnaisse,
Fais valoir entre tous un juste droit d' aînesse,
Roi d' un monde où mon être aimanté te rejoint.



jeudi 26 octobre 2017

Bon anniversaire ma fille adorée

En l'honneur de ce tatouage si symbolique.

La chouette ulule au soir, bonne ou mauvaise augure,
Dans l'énigme des nuits, son oeil inexpressif,
 Va sonder les mystères des arbres pensifs,
 Auprès d'elle la lune fait pâle figure.

 Elle enserre en ses griffes les secrets d'antan,
 L'ombre et le sang pétris à l'abri de ses ailes
 Ont durci le diamant des plaintes éternelles
Que ton coeur retenait depuis plus de cent ans.

 Les portés disparus de tes longues attentes,
 Les hommes méprisants, les amants à tes pieds,
Cet ascendant falot, père sur le papier,
 Aucun fruit du dégoût désormais ne te tente.

 C'est en ce diamant noir qu'ils errent condamnés,
 Enserrés dans la pierre ils ont perdu leurs armes,
Je voudrais le blanchir, le laver de mes larmes,
 Le rendre transparent pour un millier d'années.

 A quoi bon soupirer car comme les rapaces,
 Tu sauras survoler les abîmes de suie,
Semant le prédateur qui vainement te suit:
 Ce n'est pas un oiseau, c'est un Ange qui passe.

dimanche 10 septembre 2017

sept ans c'est tant...


Edward Poynter: Orphée et Euridyce.


Survivrons-nous, crois-tu,à l'âge de raison?
La crise, paraît-il, le démon de l'usure,
Un poème trop long sans rime ni césure,
Temps de fleurs ou de pleurs? Quel cycle de saison?

Parce qu'il faut durer, dans l'instant, dans l'intense!
Garderas-tu la foi en ce qui nous cimente,
Quand seules l'heure et la ride jamais ne mentent,
Restons les balanciers comblant le vide immense.

Je tremble à cette idée que tu ne sois plus là,
Bruissant d'envie, de rêve,ivre de l' avenir,
Oublieux des hiers pétrifiés en menhirs,
De ma mélancolie seras-tu jamais las?

 Ton sang bouillonnant de vie sans fin me rassure,
Ta précieuse voix articule les mots
Colorant notre histoire ainsi que des émaux,
Aventure embellie sans tache ni fissure.

L'impermanence de l'être , effroi de toujours!
Fige notre alliance, nimbée d'au-delà,
O doigt de l'éternel qui nos corps modela,
Et façonne notre âme avec le même amour.