lundi 13 juin 2016

Quand tu skies au frais nid



Rossetti: Fusion des âmes


En ma folie je veux capter de ton regard
La spirale effarée du destin qui zigzague,
Le canevas détruit des veines qui divaguent,
Cet iris médusé de noirs réseaux hagards.

En ma folie je veux tracer de tes contours
La trame ténébreuse de la tourbe infâme
Ayant sculpté tes traits, afin que toute femme
S'y embourbe sans fin sans espoir de retour.

En ma folie je veux savoir de quoi je souffre,
Si c'est de plume d'ange ou de vapeur de soufre,
Si ta peau est l'appeau du beau qui m'envoûta,

Ton corps est-il magie de jais ou magie d'ambre?
C'est un subtil poison que m'injectent tes membres
Or jamais nul nectar Maudit n'épouvanta.






dimanche 15 mai 2016

Noces funambules

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Magritte: le Beau monde.



Entre deux eaux, deux ciels,nos noces ressuscitent,
 Noces funèbres,noces brunes,nuits blêmies;
Ombre d'ambre en nos corps où jour de jais frémit,
C'est bréviaire de joies que notre peau récite.

 Une lune à cueillir,ode à portée de mains,
 Ni note hors de portée, ni lendemain stérile,
 Enfin un musicien à l'étreinte virile,
 Ni saint, ni animal, ni divin, juste humain.

 Il se rit des assauts,aux sots son rire éclate,
Car il sait que nos jours de tout temps sont comptés,
Il fit le tour des cours, des femmes indomptées,
Des fins de passions aux rideaux écarlates.

Qu'importent les fureurs du remords, du destin,
En lui j'apprivoisai l'idée de la mort même,
Pour lui je puis mourir si plus que moi je l'aime,
Qu'importun soit sans lui le plus fin des festins.

Avilissant l'aveu, honteuse est l'allégeance,
Je m'ennuie loin de toi ,ton absence me nuit,
Intrépide géant,mon scandinave inuit,
Nordique panacée, mon pardon, ma vengeance.

Il paraît que l'amour n'est que désillusion,
Un masque de théâtre, amusant subterfuge,
Je crois qu'en mon autel, toi le cierge ignifuge,
Tu me marques du sceau d'éternelles fusions.


vendredi 1 avril 2016

Les quatre piliers



Canova: Cupidon et Psyché



Indissolubilité

A la fin je la veux, cette union minérale
Où nos coeurs incrustés, épitaphes de pierre,
Sculptés, greffés, tatoués, indissolubles lierres,
S'enlaceront sans trêve aux aubes vespérales.

Fidélité

Nous avons fusionné, en forme hermaphrodite
Insensible aux appels des meutes affamées,
Nourris des fluidités de nos paumes pâmées,
Nous fûmes sourds aux chants des sirènes maudites.

Liberté

Libres, comme marins immergés et mourants
Sur des berges abolies parfois alunissent,
Sur des terres conquises leurs couleurs se hissent,
Nous rions des écueils, des récifs, des courants.

Fécondité.

Nos âmes épanchées s'en iront féconder
De larmes et de sang toute friche stérile,
De l'esprit démuni à l'humble chair débile,
Ainsi nous transportant aux éthers insondés.











dimanche 14 février 2016

Que celui qui veut me suivre







Ecorche-toi le corps à ce sentier d'épines,
Escalade ces murs hérissés de tessons,
Que ta peau de la peur subisse les frissons
Sans briser de scellés, sans sanglots, sans rapines.

Toi l'enfant mal nourri, frustré du sain dessein,
Marqué du triste seing de la reine de pique,
Tu rejoindras la horde des héros épiques,
Admis à contempler le temple, saint des saints.

Mon sein énamouré, lu sous tes doigts lyriques,
Prophétisait sans fin, en teintes oniriques,
Le dessin épuré des lignes du destin

T'appelant de douce hymne à l'éternel festin.
Si aux pieds du Dauphin ta course se termine,
Plaide ma cause auprès de la Dame à l'hermine.





dimanche 24 janvier 2016

Bonheur




Chers amis blogueurs,

J'ai l'honneur de vous faire partager ma joie et ma reconnaissance pour un heureux évènement : je me marie le 2 avril avec Michel, mon géant danois et vous invite à vous unir au moins spirituellement à nos voeux de bonheur, vous qui m'avez aidée à tenir par l' humour, le soutien et la densité.Merci!

jeudi 12 novembre 2015

La veuve noire




Joseph Apoux, Un Drame.



Elle tisse, tapie, d'arachnéennes toiles,
La ténébreuse Parque aux aubes assombries,
Sous ses ongles striés éclatent les débris
Des rêves oubliés aux poussières d'étoiles.

Elle aima autrefois un archange arc-en-ciel,
Figé,le poing tendu, bandé sur la révolte;
Il sema l'ouragan que la nuée récolte...
L'amour moire depuis exhale un goût de fiel.

La solitaire alors dévora ses amants.
Quelle noce apocryphe aux rites infamants!
Son rut rutile d'or et de sang des orgies

Dont se vêt le soleil,habit de chair humaine;
Vainement les épris avinés se démènent,
La Muse énamourée jamais ne s'assagit.