lundi 29 juillet 2019

l'amoureux mieux qu'un mari ou qu'un amant



Car l'homme amoureux tremble à l'idée de déplaire,
Il palpe les pulsions du pouls de l'éplorée,
Il explore l'orée de ses peurs déflorées,
Affrontant sa folie, chevalier exemplaire.

Car l'homme amoureux sent ses sueurs exsudées,
Prémisses des terreurs que son amante exhale,
Ses yeux ont la prescience des fosses nasales,
Sous ses mains les secrets s'exhibent dénudés.

Car l'homme amoureux sait qu'une femme amoureuse
Crépite à la lumière des rouges passions,
Palpite à la lueur des fauves ovations
Qu'insuffle son amant en salves vigoureuses.

Mais l'aube douloureuse nie l'ardente nuit,
L'aurore n'aime pas le jeu des noctambules,
Défiant le hasard, audacieux noctambules,
Sur leur fil éternel, ennemi de l'ennui.


mardi 11 juin 2019

Hurle ô ma douleur


Le lys mystique, Gustave Moreau.


Hurle ô ma douleur, ne laisse pas tranquille
Les bourreaux déguisés en suaves faux-semblants;
Entre-deux ciel et terre ,estuaires, presqu'îles,
Grisâtres horizons esquissés noir sur blanc.

Que votre oui soit oui que votre non soit non,
Ni peut-être ouï, ni second du capitaine,
La triste hésitation de Buridan l'ânon,
Lorsque l'on tourne en rond où l'aviron nous mène.

Rejette les oignons de l'Egypte ancienne,
Tu m'aimes prouve-le, bien plus qu'en pointillés,
Rejette les rognons de l'insipide chienne,
Tu veux des mets de roi, reviens-moi, tu y es.

Tu peux fouiller les méandres de tes vies passées,
Ce que tu as glané est bon pour la poubelle,
Tu peux renier les joies, les plaisirs amassés,
Jamais tu ne sauras de doctrine plus belle.








dimanche 19 mai 2019

O FILII ET FILIAE

https://galaterato.blogspot.com/

Noces


 Musée Gustave Moreau


Nostalgie, ce soir m'éclaire cierge ou bougie,
Je veux pour écritoire à l'encre ou à la plume,
Un crâne au feu follet qui d'une tombe allume
L'épitaphe encensée où se grave un ci-git.

Je sais tant de maximes gravées à l'enclume,
Tant de dieux pétrifiés en grises effigies,
Tant de secrets gardés par de sombres vigies
Figés à l'encre de mystérieux volumes.

Moi aussi j'incantai d'étrangères magies,
Moi aussi j'endossai de bizarres costumes;
Je tentai l'au-delà à des titres posthumes...
Mon Dieu ressuscité m'a toujours assagie.


https://youtu.be/DgHAmEYLbjI

samedi 22 décembre 2018

L’Archange archer



Leighton, L'adoubement.




Pour une fois je veux toucher le transparent,
 O toi le translucide, le porte-lumière,
 Porte-parole des vérités coutumières,
Le témoin des erreurs de nos anciens parents.

 Dire tout simplement à la face du monde,
Que je suis amoureuse du seul, le meilleur,
 Des fruits de l’univers le parfait mareyeur
Pourfendant du python au ver le plus immonde.

 Dire comme en chanson avec des mots stupides,
 Que tu es de mon verre un superbe échanson,
 De tant de vers maudits tu payas la rançon,
 De ton sang, de tes sucs dont je suis si cupide.

 Tu m’as apprivoisée moi l’odieuse féline,
 Quand j’allais dépérir en mon antre terrée,
Maculée, grelottante, déchue, atterrée,
 Tu as brandi ton sceptre, ceint de zibeline,

 Et tu m’as honorée en toute royauté.
 Par toi j’ai repris goût à l’or de la prière,
 J’ai oublié le houx, le fiel et la bruyère,
Que l’Enfant-Dieu t’adoube pour ta loyauté.

dimanche 25 novembre 2018

Etre de boue




Blake: Elohim , création d'Adam.


Que sert à l'homme de gagner tout l'univers
S'il vient, qu'à Dieu ne plaise, à en perdre son âme?
Offrira-t-il cet or pour qui chacun se pâme
En échange d'un corps où s'acharnent les vers..

Où est ton aiguillon, ô mort, où donc est ta victoire?
Où est l'éternité qu'un monde promettait?
Ils dorment pour toujours, ces petits Prométhées,
En silence, inconnus, vidés de nos mémoires.

Finie l'alarme sèche sur les fins de mois,
Ou la larme mouillée en des amours défuntes,
Finis les arts morts-nés aux sottes gloires feintes,
Recherches de Narcisse aux folles faims de moi.

Trop de quêtes inquiètes de graals inutiles,
Qu'as tu donc accompli petit homme à genoux,
Face au miraculé, érigé d'entre nous
Afin de réparer tes détresses futiles?

En la glaise j'échoue,ma pauvre arche ci-git.
De ma terre à ton ciel ils mettent des falaises,
Ma race est embourbée aux boues de leurs fadaises..
Contre vents et marées je suis ton effigie.


Ne cherchez pas de rapport , il n'en existe aucun car aucune chanson ne mesure la hauteur , la largeur et la profondeur mais elle est jolie...












dimanche 14 octobre 2018

Mucha miel

Musée du Luxembourg

Butine à la beauté, âme éprise d'ivresse,
Vagabonde où abonde la muse aux couleurs,
Aiguise ton pinceau, ô divin rémouleur,
L'iris de cette alliance est la divine tresse.

Tu médites le vrai maquillé à la gouache,
La création renaît sous l'habile pinceau,
Gracile silhouette offerte à un puceau,
Quelque torse rebelle est taillé à la hâche.

Mais qu'as tu donc compris au rythme des saisons,
T'es tu vraiment nourri de la libre pensée?
Cette supercherie t'aura-t-elle offensé
Au point que l'on te tue sans rime ni raison.

Tu avais du génie, quels contours, quelle grâce,
Quel pacte passas-tu pour être si parfait,
Je pardonne aux écarts de réclames surfaits,
Toi l'inquiet , le curieux, frère de coeur, ma race...

Je souhaite que ma plume  égale tes dessins,
Que jamais je ne cède à aucune torture,
A nulle tentation du néant qui triture
Le rictus terrifiant d'un occulte dessein.

Mais que la belle aimée continue de sourire,
Que Zéphyre soulève le voile éthéré,
Sans révéler jamais de grimace atterrée
Du peintre que mordit un éternel vampire.