dimanche 14 octobre 2018

Mucha miel

Musée du Luxembourg

Butine à la beauté, âme éprise d'ivresse,
Vagabonde où abonde la muse aux couleurs,
Aiguise ton pinceau, ô divin rémouleur,
L'iris de cette alliance est la divine tresse.

Tu médites le vrai maquillé à la gouache,
La création renaît sous l'habile pinceau,
Gracile silhouette offerte à un puceau,
Quelque torse rebelle est taillé à la hâche.

Mais qu'as tu donc compris au rythme des saisons,
T'es tu vraiment nourri de la libre pensée?
Cette supercherie t'aura-t-elle offensée
Au point que l'on te tue sans rime ni raison.

Tu avais du génie, quels contours, quelle grâce,
Quel pacte passas-tu pour être si parfait,
Je pardonne aux écarts de réclames surfaits,
Toi l'inquiet , le curieux, frère de coeur, ma race...

Je souhaite que ma plume  égale tes dessins,
Que jamais je ne cède à aucune torture,
A nulle tentation du néant qui triture
Le rictus terrifiant d'un occulte dessein.

Mais que la belle aimée continue de sourire,
Que Zéphyre soulève le voile éthéré,
Sans révéler jamais de grimace atterrée
Du peintre que mordit un éternel vampire.







samedi 15 septembre 2018

sauve moi




Je n'ai pas noté le titre, c'étaient des chefs d'oeuvre "la porte des rêves, un regard symboliste" à Yerres .

La frange de l'oubli dans les horizons blêmes
N'a jamais ennobli les fanges embrumées..
Les anges asphyxiés aux ailes enrhumées
Se sont ankylosés en de funestes flemmes.

Raie moi du livre d'or, renie ton effigie,
Je suis noire mais laide et dépouillée de grâce.
Ouvre mon corps en deux et contemple ta face;
-Autrefois je t'aimai, mon adorée  ci-gît .

A la fin, il faudra bien que tu ressuscites!-
Comme l'aimé patiente lorsqu'il est épris!
Il a souffert assez pour en payer le prix,
Que de ta renaissance il en ait le mérite.

D'ores et de jadis ce monde est étranger,
J'ai bien failli mourir de cette certitude,
 Ouïr tant de tumulte et tant de turpitudes
Sans qu'aucune magie n'y puisse rien changer.

Alors tu me retins au bord des balustrades,
Ceinturant de satin les cailloux; -mes pieds nus
S'écorchaient au goudron d'ignobles avenues,-
M'arrachant à l'appel des mortelles parades.

En l'arène du jour je suis l'humble taureau
Lardé de banderilles, lacéré de ronces,
Et suis si fascinée de ce fer qui m'enfonce
En l'obscure geôle  à l' horrible bourreau!

Comment se pourrait-il que je ne te confonde
Avec notre Sauveur, l'éternel, le divin,
Toi l'oracle parfait, scandinave devin
Qui sus noyer mon mal au nectar de ton onde.








jeudi 2 août 2018

Croisade



Saint Michel, trésor de L'église Saint-Sernin, Toulouse.


France, terre de saints, des aubes de satin
 Aux citadelles sang beuglant leur anathème,
 Comme Jérusalem seras tu la catin
 Des temps immémoriaux, reniant son baptême?

 En vain l'apocalyptique trompette sonne,
 Les villes empourprées du deuil des Albigeois,
Redorées par un roi qui leur rendit la joie,
Rient jaune sous l'affront aux tours de Carcassonne.

 Un argent sans couleur infiltre les torrents,
 Pire que chevaliers de l'Albion perfide,
 Pareil au vieux démon à la langue bifide,
L'instinct de consommer comme un feu dévorant

 Consume les clients aux bouches trop avides.
 Impavide témoin aux fastes impuissants,
Un château-fort en ruine bat aux vents bruissants,
Offrant comme une armure son poitrail livide.

 La vérité se lit dans l'opale infinie
Des anges pétrifiés en la nef solitaire,
L'Eglise triomphante n'est pas militaire
Et ne peut que pleurer autant d'ignominie.







mercredi 9 mai 2018

la coupure




Père Lachaise, Gérard de Nerval.

Où êtes vous , ô morts qui dormez sous la pierre,
Quel triste et lourd secret à la fin vîtes vous?
Vers quelle vérité, ultime rendez-vous,
S'achemine le cours de votre fin dernière?

Vos stèles apaisées grisées de chien et loup
Racontent des destins entre idylle et rapière,
Les dilemmes pesés d'archanges en saint Pierre,
Payés de la monnaie de l'aumône et du clou..

Vos tombeaux assombris de terribles histoires
Vivants gardiens loyaux de vos humbles mémoires,
Enseignent au passant le dédain de l'oubli.

J'aime entendre en ces lieux quelque macabre foire,
Loin du trouble mondain du luxe et de la gloire,
Quand l'immortel pardon toute mort ennoblit.



dimanche 15 avril 2018

Don




Charles Lucien Léandre Sur champ d'or



Regarde moi je suis la jeunesse éternelle,
Miroir enchevêtré de cheveux demi longs,
La parfaite psyché aux orbes d'yeux oblongs,
Pleurant l'immortelle plainte des ritournelles.

Regarde moi bâtard, je suis la légitime,
Rousse fille du celte aux Gaulois mâtiné,
Mon sourire aux Latins a parfois butiné
Plus d'un trésor mutin, céleste ou maritime.

Vois-tu mon manteau d'ombre et mon derme nacré,
Sais-tu qu'il m'en coûta d'ignobles sacrifices,
Vois-tu mon oeil chagrin sans aucun artifice,
Dont la trace ou la larme a le goût du sacré?

Ce passé flamboyant, je l'offre à la détresse
Des pauvres incroyants privés d'immensité,
Afin que du parcours d'arabesques cités
Mon âme inanimée soit la sainte prêtresse.



 

lundi 2 avril 2018

Pâques

A Christian, quel beau prénom...


Au printemps des genèses naquit l'animal,
Cette perfection entre esprit et instinct,
Se battre et perpétrer la race, quel destin,
Ignorant le devoir, ni le bien , ni le mal..

Vint l'homme tout puissant à l'image de Dieu,
Ce faible nourrisson voué aux servitudes,
Condamné aux sévices, aux vicissitudes,
Ballotté de bon jours en funestes adieux.

Mais dans cet oeil de mâle luisait l'étincelle,
Celle de l'art , des sciences, qui à la fin scelle
Le secret de nos vies.Si tu veux retrouver

Quiconque tu aimas supplie le seul démiurge,
Le seul qui assuma ton opprobre et ta purge,
Portant au Golgotha la croix du réprouvé.


Chagall: l'artiste et la crucifixion.



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dimanche 14 janvier 2018

Sacré Coeur




Crucifix, Cimabue, Santa  Croce de Florence.



J'entends tant de questions dans la meute aux abois,
Tant de tristes détresses,  ô terrible énigme,
Est-ce la faux qui sauve où le faux sonne en dogme?
La solution finale réside en ce bois.

Bien sûr seule la mort est l'ultime réponse,
Le dernier grand brasier, la gerbe d'étincelles,
L'aurore renaissante , l'aube jouvencelle,
L'Ange exterminateur de sa trompe l'annonce.

Son sacrifice est vrai, ma seule certitude
Réside en cet ailleurs promis aux multitudes,
Ce mot d'amour sanglant exsudé du seul coeur,

Ce  coeur qui tant m'aima qu'en  suinte  l'orifice,
Qui enseigne en saignant les dévots à l'office,
Son pardon irradie crucifiant la rancoeur.