lundi 17 avril 2017

Reste,je t'en prie reste!




Signac, Antibes.

Si un soir tu reviens en ce jardin brouillé,
D'herbes dérangées en broussailles de garrigue,
Parmi les citrons verts, les oranges, les figues,
Ignore le passé, ne va pas trop fouiller.

Au coeur des mimosas l'or des anciens repose,
Sous la pierre se lit la sueur des artisans,
Là l'âme de nos pères se sculpte en gisants
Dans les grands oliviers,un arbre prend la pause;

Comme un cadran solaire aux flèches désarmées,
Une horloge éborgnée, une cloche alarmée
Qui tinterait en vain car privée de grelot...

Ce jardin fige en lui mes années les plus vierges;
C'est un lieu de sursis qui consume les cierges
En cires endeuillées de peurs et de sanglots.