samedi 12 octobre 2019

Amour moilneux



 Rogelio de egusquiza, Tristan et Yseut.

 L'échiquier de nos sens,voue à l'échec et mat
 Le pastel amoureux d'humides aquarelles,
 Le destin pleurnichard dessine une marelle
Au ciel pluvieux d'un terre à terre tableau mat.

 Vous vous crûtes pionniers de tous vos nouveaux mondes,
Fondateurs d'un Eden à l'abri de vos maux,
 Le temps, ce tentateur, a serti les émaux
Vous scellant prisonniers d'alliances immondes.

 Où est-il cet amour qui défiait les dieux?
 Le temps cet assassin lui coupa-t-il les ailes?
 Qu'est devenue l'ardeur, qu'est devenu le zèle
 Sinon ce vent glacial givrant tous nos adieux...

Comme il est difficile de fermer la porte,
De se laisser partir , d'assumer d'être seul,
D'enfouir les souvenirs sous l'opaque linceul
D'une mort à venir d'une toute autre sorte.

Comme il est difficile de se désaimer,
 Sans espérer que germe un autre blé en herbe,
Une autre création née d'un semblable verbe
 Venant dans nos déserts ses graines essaimer.

dimanche 22 septembre 2019

Où sont vos amis?



Déjà aux oliviers ils dormaient insouciants,
Disciples nonchalants, indifférents apôtres,
Inaptes à prier, privés de patenôtres,
Ignorants du salut, de repos impatients.

Quand vous fûtes cloué, ces déserteurs en masse,
Allèrent se terrer quand des femmes pleurant
Au pied de votre croix , effondrées demeurant,
Attendaient au jardin que promesse se fasse.

Vous fûtes laissé seul, tant de fois si souvent,
Depuis l'ange déchu cette étoile filante,
Jusqu'à notre pensée voilée, annihilante
S'infiltrant dans les choeurs jusque dans les couvents.

Je ne veux plus mon Dieu qu'en me rendant vivante
Vous perdiez l'énergie de votre création,
Que soit versé en vain le sang de la Passion,
Je veux vous remercier comme une pauvre orante.


lundi 29 juillet 2019

l'amoureux mieux qu'un mari ou qu'un amant



Car l'homme amoureux tremble à l'idée de déplaire,
Il palpe les pulsions du pouls de l'éplorée,
Il explore l'orée de ses peurs déflorées,
Affrontant sa folie, chevalier exemplaire.

Car l'homme amoureux sent ses sueurs exsudées,
Prémisses des terreurs que son amante exhale,
Ses yeux ont la prescience des fosses nasales,
Sous ses mains les secrets s'exhibent dénudés.

Car l'homme amoureux sait qu'une femme amoureuse
Crépite à la lumière des rouges passions,
Palpite à la lueur des fauves ovations
Qu'insuffle son amant en salves vigoureuses.

Mais l'aube douloureuse nie l'ardente nuit,
L'aurore n'aime pas le jeu des noctambules,
Défiant le hasard, audacieux funambules,
Sur leur fil éternel, ennemi de l'ennui.


mardi 11 juin 2019

Hurle ô ma douleur


Le lys mystique, Gustave Moreau.


Hurle ô ma douleur, ne laisse pas tranquille
Les bourreaux déguisés en suaves faux-semblants;
Entre-deux ciel et terre ,estuaires, presqu'îles,
Grisâtres horizons esquissés noir sur blanc.

Que votre oui soit oui que votre non soit non,
Ni peut-être ouï, ni second du capitaine,
La triste hésitation de Buridan l'ânon,
Lorsque l'on tourne en rond où l'aviron nous mène.

Rejette les oignons de l'Egypte ancienne,
Tu m'aimes prouve-le, bien plus qu'en pointillés,
Rejette les rognons de l'insipide chienne,
Tu veux des mets de roi, reviens-moi, tu y es.

Tu peux fouiller les méandres de tes vies passées,
Ce que tu as glané est bon pour la poubelle,
Tu peux renier les joies, les plaisirs amassés,
Jamais tu ne sauras de doctrine plus belle.








dimanche 19 mai 2019

O FILII ET FILIAE

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Noces


 Musée Gustave Moreau


Nostalgie, ce soir m'éclaire cierge ou bougie,
Je veux pour écritoire à l'encre ou à la plume,
Un crâne au feu follet qui d'une tombe allume
L'épitaphe encensée où se grave un ci-git.

Je sais tant de maximes gravées à l'enclume,
Tant de dieux pétrifiés en grises effigies,
Tant de secrets gardés par de sombres vigies
Figés à l'encre de mystérieux volumes.

Moi aussi j'incantai d'étrangères magies,
Moi aussi j'endossai de bizarres costumes;
Je tentai l'au-delà à des titres posthumes...
Mon Dieu ressuscité m'a toujours assagie.


https://youtu.be/DgHAmEYLbjI