jeudi 21 novembre 2013

Aux loups soeurs

Les frères Carrache: Rémus et Romulus alimentés par la louve romaine.


La terre n' est pas tendre à ses intermittents,
 Les parieurs du hasard sur des roulettes russes
 Défiant les blizzards au nom du roi de Prusse,
 Tambours guère battants de troisième mi-temps...

 Les manches rapiécées, nonchalamment ils errent,
Sourires mal rasés aux bouches assoiffées,
Un visage d' enfant aux rêves décoiffés,
La larme au coin de l' oeil, fredonnant de vieux airs.

 L' attente a délaissé les pics de leurs rivages,
Entre deux vins, deux mers, deux destins , entre deux.
Au littoral jonché de cadavres hideux
Nulle voix égayée n' annonce d' arrivage.

 Nul cor ne retentit pour ces loups solitaires,
 Hors le cri abyssal de murène, peuplé
 De sirènes de grotte aux antres décuplés,
 Sanctuaires scabreux, sulfureux presbytères...

 Ces détrousseurs de morts avides de butin,
 Leur trésor momifié s' est mu en boue liquide,
 Prisonniers de harpie à la langue bifide,
 Ils hâtent leur naufrage en se croyant mutins.

 Alors échoués,détruits n' ayant plus rien d' un homme,
 A d' anonymes seins ils vont téter le sang,
 Monstre, bête ou sorcière au laitage indécent,
Cette femelle-là les fera fonder Rome.





Matmatah - Derrière ton dos - Vieilles Charrues... par deepexperience

jeudi 14 novembre 2013

L' être ange étrangleur

Munch: séparation



La mort est la minute brève,
La caresse trop affermie,
 De l' épiderme honnie amie
 Mettant un terme à de beaux rêves.

 Pont de mains sur mon cou muet,
Tragédie ou opéra bouffe,
Etau si serré qui m' étouffes,
Amuse-toi des os fluets.

 Ce sang coulera dans mes veines,
 Aussi longtemps que les bouffons
Qui croient engendrer...Ainsi font
Les démunis de la déveine.

 Comment as-tu pu menacer
Jusqu' au gémissement fugace,
La pauvre hère qui t' agace
 Sans aucun trésor amasser.

 J' aurais pu tout te pardonner,
Des traumatismes pairs et mères
 Les faims , froidures ou misères
Mais cesse de me sermonner.

 Ou regarde toi dans la tourbe,
 Nous errons tous pauvres humains,
 En ignorant quels lendemains
 Nous prépare un sol qui s' embourbe.

 Je hais le sauvage empaleur,
 Ma colonne brisée se courbe,
 Aucun menteur, sordide fourbe
 N' a jamais su m' offrir de fleurs.

 Des étrangleurs? Mais quelle horreur!

 

jeudi 7 novembre 2013

Ils auront douze ans et déjà des dents

Turner: Shadrak, Neshak et Abed Nego dans la fournaise ardente.



Mea culpa, car j' ai plus d' enfants que de dents...

Par pitié pardonnez la mère iconoclaste,
L' infanticide dame aux lames aiguisées,
L'infâme préceptrice aux âmes déguisées,
Guerrière maïeutique, va , détruis, dévaste!

Je hais les nourrissons, hurlant, tels des damnés,
L' adolescent rebelle n' est pas de ma caste,
Les femelles pubères aspirant aux fastes
N' exhalent des fatales qu' un succédané.

Ces nains se croient géants, pauvres petits Narcisses,
Noyés aux noirs fluides d' orgueils ténébreux,
Toujours plus niais, plus vils, plus impies, plus nombreux,
Ignorants des vertus mais adeptes des vices;

Sertis de certitudes, ceints de singerie,
Ces donneurs de leçons aux bouches chrysostomes,
Ne savent ni volume, ni page , ni tome,
Mais croient redécouvrir les ors des vieilleries.

Or moi de race ancienne le fier rejeton,
Ambitionnant l' estoc, le poison, la noyade,
J' aspire à me mouvoir, maléfique naïade,
Au sein du génocide de ces avortons:

Briser leurs os débiles dans leur corps malingre,
Griffer leur peau laiteuse de larve avortée,
Uriner le déluge aux minables portées
Qu' Asmodée inspira, jouant son violon d ' Ingres...

Ils portent des adultes toute fatuité...
Je ne m' attendris pas, je vois leur avenir,
Figé dans le glacier, dans l' ombre , le menhir,
S' ils nient l' éternité, c' est la perpétuité.

samedi 2 novembre 2013

Ma nympho ma soeur

Bartolomeo Veneto: portrait de Lucrèce Borgia.



Ou la ballade des femmes du temps jadis



C' était au temps de la paresse
Lors des otium délicieux,
Des dandys propres mais vicieux
Devenaient fous sous nos caresses...

En vérité j' aimerais dire...
Heure sordide, instant si laid
Le corps sang ciel lourd oscillait
Faut -il pleurer charmante Elvire?

Confier que ceci est bien triste,
Marchander ce qu' il faut donner,
Laisser les nuls fanfaronner
Qu' à l'or aucun coeur ne résiste..

Qu' alors nos doux gémissements
n' étaient que cirque et comédie,
Nul mâle hélas ne remédie
A cette pénurie d' amants.

Ah, pouvoir enfin confesser
L' atroce peur des vieux malades,
Le dégoût d' amères salades
Débitées entre deux fessées.

Mais que veux -tu cela m' a plu,
Tout bonheur mérite un négoce,
A tout pécheur sa nuit de noces
L' éternité est en surplus.

Alors si d' obscurs pudibonds
Fermant jadis les maisons closes
Se font par de récentes gloses
Clouer leur gueule de gibbon,

Fi, ne va pas te compromettre,
Tant de nos soeurs voudraient payer
Ce que nous pouvons monnayer
Quand nous voulons nous faire mettre.

Courtisane est un vrai métier
Dont je me fais le bon apôtre,
Les douées s' en sortent, les autres...
Avec cyprine et amitié.

Orfeenix

les 343 salauds.

Désolée, je ne connais pas d' autre pute qui chante...