vendredi 1 avril 2016

Les quatre piliers



Canova: Cupidon et Psyché



Indissolubilité

A la fin je la veux, cette union minérale
Où nos coeurs incrustés, épitaphes de pierre,
Sculptés, greffés, tatoués, indissolubles lierres,
S'enlaceront sans trêve aux aubes vespérales.

Fidélité

Nous avons fusionné, en forme hermaphrodite
Insensible aux appels des meutes affamées,
Nourris des fluidités de nos paumes pâmées,
Nous fûmes sourds aux chants des sirènes maudites.

Liberté

Libres, comme marins immergés et mourants
Sur des berges abolies parfois alunissent,
Sur des terres conquises leurs couleurs se hissent,
Nous rions des écueils, des récifs, des courants.

Fécondité.

Nos âmes épanchées s'en iront féconder
De larmes et de sang toute friche stérile,
De l'esprit démuni à l'humble chair débile,
Ainsi nous transportant aux éthers insondés.











dimanche 14 février 2016

Que celui qui veut me suivre







Ecorche-toi le corps à ce sentier d'épines,
Escalade ces murs hérissés de tessons,
Que ta peau de la peur subisse les frissons
Sans briser de scellés, sans sanglots, sans rapines.

Toi l'enfant mal nourri, frustré du sain dessein,
Marqué du triste seing de la reine de pique,
Tu rejoindras la horde des héros épiques,
Admis à contempler le temple, saint des saints.

Mon sein énamouré, lu sous tes doigts lyriques,
Prophétisait sans fin, en teintes oniriques,
Le dessin épuré des lignes du destin

T'appelant de douce hymne à l'éternel festin.
Si aux pieds du Dauphin ta course se termine,
Plaide ma cause auprès de la Dame à l'hermine.





dimanche 24 janvier 2016

Bonheur




Chers amis blogueurs,

J'ai l'honneur de vous faire partager ma joie et ma reconnaissance pour un heureux évènement : je me marie le 2 avril avec Michel, mon géant danois et vous invite à vous unir au moins spirituellement à nos voeux de bonheur, vous qui m'avez aidée à tenir par l' humour, le soutien et la densité.Merci!

jeudi 12 novembre 2015

La veuve noire




Joseph Apoux, Un Drame.



Elle tisse, tapie, d'arachnéennes toiles,
La ténébreuse Parque aux aubes assombries,
Sous ses ongles striés éclatent les débris
Des rêves oubliés aux poussières d'étoiles.

Elle aima autrefois un archange arc-en-ciel,
Figé,le poing tendu, bandé sur la révolte;
Il sema l'ouragan que la nuée récolte...
L'amour moire depuis exhale un goût de fiel.

La solitaire alors dévora ses amants.
Quelle noce apocryphe aux rites infamants!
Son rut rutile d'or et de sang des orgies

Dont se vêt le soleil,habit de chair humaine;
Vainement les épris avinés se démènent,
La Muse énamourée jamais ne s'assagit.

samedi 24 octobre 2015

Bon anniversaire, Anaïs.



A peine étais-tu née que tes yeux dévorants
S'ouvraient,abîme immense sur le pauvre monde;
Tes yeux qui dans le beau et l'angoisse se fondent
Quémandaient de l'amour avec des mains d'orant.

Lucide visionnaire aux tendresses sublimes,
Tu savais...Tes aïeux aux vices éhontés,
Tu savais...Les instants aux rebours décomptés,
La valse des amants aux tristes pantomimes.

Vaines les tentatives de t'amadouer,
Tu sortirais ,polie,une féline griffe;
Forte d' un évangile pour lors apocryphe,
Tu as tes précoces dogmes de surdouée.

J'ai voulu te connaître,je n'ai pas failli;
Nos pères,nos passés me poussaient à la fuite;
J'ai souhaité en dépit d'une histoire sans suite
Oublier pour toi tout ce que j'avais haï.

Je serai la Psyché qui jamais ne te ment,
La mémoire au secours de l'âme qui appelle;
Je vibre des mots qu'en secret ton coeur épelle.
Je ne regrette rien car je t'aime vraiment.








Celle là c'est bien pour toi que je la mets!

samedi 26 septembre 2015

A deux doigts





Oedipe et le Sphinx, par John McKirdy Duncan, 1934



Ni malade, ni fou, ni blessé, ni croyant,
Ni triste cicatrisé d'incurables luttes,
Le miroir de notre âme est une anacoluthe
En forme de Janus au rire larmoyant.

Tes regards sont les paumes d' anciens rebouteux
Qui es tu? Un sauveur oedipien,pieds percés,
Tueur du monstre antique, le nouveau Persée?
Dom Quichotte arpentant les sentiers caillouteux...

Ta rencontre eut le goût des jouets d' un grenier,
Comme un vin poussiéreux d' un très haut millésime,
Une fleur étoilée qui n'essaime qu'aux cîmes,
Le goût des interdits trop longuement reniés.

Je renais à ta vue toi que nul ne connais,
Qui es tu, je ne sais mais ce que tu me touches!
Peu importe ta peau, le fluide de ta bouche,
Tu es importuné par le désir, tu n'es

Pas consistant, un passant sur un quai,un rire
Aux aléas, un informe génie du beau,
Sourd aux oracles d' or, au cri noir des corbeaux,
Aux mots d'amour coulant des cordes de ma lyre.

Que jamais Asmodée ne verse son poison
Aux veines assoiffées de plaisirs illicites,
Sois stoïque au démon qui jadis m' a maudite,
N' allons pas conquérir de mythique toison!