vendredi 30 janvier 2026

Il décide malgré les déicides

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 Hans Memling Jugement dernier

 

 Ciel il a disparu, ci-git notre idéal,

Le monde suzerain a tué son féal.

Qui pour le nom de Dieu, offrirait sa fortune, 

Ou donnerait l'asile aux pauvres importunes,

Saurions-nous renoncer à nos petits plaisirs,

Sacrifier aux parias d'inavouables désirs?

Il est bien plus facile de pleurer nos plaintes,

D'oublier les martyrs, tant de saints et de saintes,

Le temps de ces héros, à jamais révolu,

Se fige au crépuscule de soirs dissolus.

"Vite vivons avant que la Faux ne nous fauche,

A l"humble Vérité, préférons la débauche!"

Accepter le destin, ce n'est pas amusant,

Le sphinx et son décret, l'Anubis accusant,

Au Jugement dernier, tous ces rites convergent,

Une ultime fessée, ou d'éternelles verges ,

Il faut être puni quand nous avons péché,

Quand l'honneur du Très Haut fut par nous ébréché.

En effet, de son Verbe , Il a crée la terre,

Séparant la matière, les eaux , de l"ether,

A Lui, il appartient d'en établir les lois,

Punir les arrogants serait de bon aloi.

Pourtant tout ce qu'Il veut, c'est notre gratitude, 

Abaissant à la Croix toute son Altitude.

Un Dieu s'est fait pour nous tout petit à la crèche,

Pour briser notre orgueil et frayer une brèche

A l'onde déferlante de l'immensité

De sa grâce infinie voulant nous habiter. 

 

Si quelqu'un peut m'expliquer pourquoi certaines personnes rient de tout cela, je suis preneuse. 

Mais où sont les rebelles d'antan? 

 

 

vendredi 16 janvier 2026

Macramé

 

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Personne n'a hurlé devant le déicide,

Ce n'est pas drôle, non, quand le destin vous marque,

Quelle ironie du sort, une fatale Parque

Signe d'un seing de sang que c'est Lui qui décide.

 

Jadis les réprouvés se terraient, humiliés,

Honteux d'avoir failli aux lois des bien-pensances,

Notre siècle arrogant cautionne toute transe 

Osant à des martyrs des fêtards affilier .

 

Les héros paient le prix de leurs nobles audaces 

Vous avez pris des risques sans les assumer,

Trop de cérémonies vinrent vous inhumer,

Vos parents se dispersent en discours fadasses.

 

Ceux qui étaient Charlie, voilà l'apothéose,

Portent plainte contre l'humour de mauvais goût!

Qu'on plonge les cyniques au tout à l'égout! 

Ce tout début d'année s'annonce bien morose. 

 

Ilest mort brûlé et sa famille n'est pas venue chouiner ou porter plainte 

 Et il avait du talent....

 

 

dimanche 21 décembre 2025

Chipie cheep

 


 

La femne cependant garde un brin de révolte, 

Non contre son Sauveur, mais contre le serpent,

Car il se réincarne en tous les sacripants

Faisant des tendres coeurs une immonde récolte.

 

Vous croyez triompher en semant des sanglots,

Quand la fuite retrace un aveu de faiblesse,

Ce n'est pas l"abandon, l'humiliation qui blesse,

C'est d'avoir vu un roi en un sujet falot.

 

Ma fille est mon trésor, tu es indigne d'elle,

Si tu veux la revoir accomplis les travaux,

Nouvel Hercule, va, je te dirai bravo!

Prends garde qu'elle ne s"élève à tire d'aile.

 

 

 

 

 

mercredi 10 décembre 2025

Heureux les hommes de bonne volonté

 famous painting Chevalier of John William Waterhouse

 

 Chevalier, Waterhouse

 

Terre de chevaliers, ce jour je te célèbre,

J'invoque tous les saints, les médiévales muses,

Pour que cessent enfin de médiocres excuses 

Au nom des fausses Lueurs déguisant les ténèbres.

 

Le siècle des lumières dura une nuit,

Abolissant les joies que le jour ensoleille,

Les fêtes et les jeux, des mondes et merveilles,

Les modernes démons y mirent leur ennui.

 

Mon âme énamourée pour un heaume soupire,

Un homme , un vrai rapace pour l'échauffourée, 

Dansant sans carapace branles ou bourrées,

Pourfendant tous les gueux qui menacent l'empire.

 

Il fut chez les barbares pire paria,

Le Seigneur qui guérit l'oint d'un médicament,

Moi je m'en glorifie car il est mon amant.

Hier , il m'emmena ouïr des Ave Maria.

 

 

 

 

samedi 15 novembre 2025

Créature solitaire

 

 

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 Les amants,Magritte

 

L'univers idéal se noie en  des eaux troubles

, Suis-je seule à penser que le monde va mal

, Chaque saison se fige en automne hiémal,

 Toute mélancolie de ses larmes se double.

 

 La création se fige en printemps hivernal, 

La sagesse du vent se fait rose des sables

 Ou souffle à l'horizon de merveilleuses fables 

Séduisant les naïfs d'un écho infernal. 

 

 En ce marasme atroce de mouvements souples,

 J'essaie de louvoyer pour maintenir à flots,

 La royale galère qui semble un rafiot 

Afin que plus jamais ne sombre notre couple. 

 

dimanche 9 novembre 2025

Fellini, tous ne sont pas morts à Venise


 

 Helen Margaret MacKenzie - Autoportrait avec chat - Peinture à l'huile  écossaise Art Déco des années 1920 - Femme artiste en vente sur 1stDibs  France

 

 Mac Kenzie, autoportrait avec chat

 

 

C'est au mois de novembre la fête des morts,

Entre brume et frimas ce mois carnavalesque

Sème sur les perrons les figures grotesques

Pour terriifier les gueux étreints par le remord.

 

Pour hiberner se terrent blaireaux et belettes,

Le vent pousse au dehors sa sinistre chanson,

L'horrible fossoyeur réclame sa rançon,

Quand se tordent les arbres tels d'affreux squelettes.

 

Enfouie sous un monceau de tissus doucereux,

Un bon livre à la main, dans l'autre  un petit verre,

Je plonge mes yeux pers dans le regard sévère

D'un chat couvant mes pieds de ses poils chaleureux.

 

Jalouse -t-il l'amant qui sans cesse me hante,

Ou l"univers de rêve que m'offre un roman?

Il ignore que si je m'évade un moment,

Le même homme m'obsède qu'il pleuve ou qu'il vente. 

 

samedi 4 octobre 2025

Lettre à l'élu

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 Séphora, chapelle Sixtine.

 

 

 Je t"offre l'eau  de source de belle fontaine,

Te souviens-tu,nous allions nous désaltérer,

Cette immense forêt aux aubes éthérées

Enferme en son calice des sources lointaines.

 

Jadis, j'ai refermé le vantail de ce bois,

Les gardiens de l'obscur avaient scellé  sa porte,

Tu m'as crue  régnante mais j"étais comme morte,

Moins que Diane plutôt pauvre biche aux abois.

 

Bien des trophées ornent ton pavillon de chasse,

Pour que l'on se retrouve, il fallut des battues,

A notre histoire s'érigèrent des statues,

L"amour-propre jamais de gloire ne se lasse .

 

Si je devais tirer fierté d"amours d"antan,

Par delà les émois des anciennes misères,

A l'endroit même où les mensonges s'enlisèrent,

Je me contenterais d'aimer un fou chantant.