samedi 25 janvier 2014

A travers des milliards de choix durant des années d' ombre

Böcklin: le bois sacré.


Il s' en fallut de peu, un cheveu de comète,
L' instant pour un remords, un arrêt mors aux dents,
Quelque ordre du divin insufflé au dedans
Infléchissant la course d' aveugles gamètes...

Il s' en fallut de peu, j' aurais pu ne pas naître,
Juste une heure figée à l' orbe du cadran,
Un créneau de rouage resserré d' un cran
Je fusse hôte des limbes noyée de non être.

Il s' en fallut de peu, un jouet du hasard,
Poussière d' existence semée à la brise,
Ajoutant sa virgule à d' historiques frises
Pour ponctuer d' espoir l' universel bazar.

Alors j' ai cru aux stries de nos peaux lézardées,
Labyrinthe savant des anciens manuscrits,
Les mages, les prophètes , les messies s' écrient
Afin de résister  aux nouvelles fardées.

Celui qui remercie de vivre est vraiment sage,
Aveugle d' illusions, sourd au faux bruit qui court,
Fier d' accomplir un juste et honnête parcours,
A travers la mer rouge il fraiera son passage.

lundi 30 décembre 2013

Et il l' aima autant qu' il aimait la lueur du Ciel

Millais : La couronne de l' amour.




Vite , il ne reste plus que quelques jours pour aller voir "Désirs et voluptés " à Jacquemart -André.

Chair contre chair, peau contre peau, doigts aux serrures,
Main d' assassin , seins assidus , paumes émues,
Mort lendemain, dès maintenant rien ne remue,
Aux matins mous nos amours nées vite moururent.

Il n' en resta plus qu' un ,vainqueur d' anciens tournois.
Parce que lui seul comprenait qu' elle était folle,
Comme de purs martyrs aux vifs brasiers s' immolent,
Il se plut à chasser les prétendants sournois.

Devant aucun dragon ni démon ne recule,
Car seul il a su lire en ses yeux exaltés,
L' élixir du divin de la chèvre Amalthée,
Afin qu' en nulle Olympe il ne soit ridicule.

Il pleure les défunts fruits des jardins d' Eden
Pourfendant le défaut affleurant dans l' ordure,
Il combat pour l' honneur de la beauté qui dure,
Dieu, ma femme, mon roi, ainsi-soit-il, amen.

Il fait jaillir la source de l'abrupte roche,
L' esprit, l'âme ont inscrit sur son front clairvoyant,
Les secrets ténébreux du jardin verdoyant.
C' est lui le chevalier sans peur et sans reproches.





Bonne année , les irrésistibles et irréductibles!

jeudi 19 décembre 2013

veni vidi victus sum

Le Primatice: Ulysse et Pénélope.

Peut -être pour une ombre il avait l' air de rire,
Ce jeu roulette russe entre humour et hasard
Poussière de cosmos , magnétique bazar
Le bruissant masque d' or où un astre se mire.

Sans doute une lueur l' a préservé des morts...
Mords à même la peau avant que ne t'attrapent
Les serres de l' étau d' un immortel satrape,
Matamore immoral sans le rai d' un remord.

Cache-cache létal immolé de pétales,
Tu saigneras l' encens dans un prisme de sang,
Jamais, n' oublie nos rendez -vous luminescents,
Maudit le pleutre soit, le traître ne détale.

Le printemps s' est livré aux paumes de tes mains,
Se peut-il que l'étouffe un pli d' étoffe grège,
Se peut-il que l' enfouisse une chape de neige
Si l' atlas s' illumine aux nobles lendemains...

Sculpte les auréoles d' oves impavides
A mes yeux aveuglés d' hiéroglyphes flambants,
Afin que condamnés, suppliciés , succombant,
Ils honorent tes doigts aux phalanges avides.
                                                                                                                                                                                       




dimanche 1 décembre 2013

Règlement de con

Klimt: la vie et la mort.



Les hurlements, le sang, la peur, les pluies de flammes.
Plus de pères, de fils, en face un mur amer.
Des marées de douleur, des mères à la mer
Du mortifère éther de gaz fondant en lames.

L’âme de notre terre étreignit ses mourants
Suintant leur rédemption par tous les orifices,
Elle a longtemps crié le mal du sacrifice
D’enfants abandonnés au feu de ce courant.

Vous fûtes les enjeux de scabreuses affaires
Innocents héritiers aux ancêtres maudits,
Condamnés à errer de ghettos en taudis,
Vos destins diffamés défaits en haute sphère.

La pluie a raconté tant de larmes séchées,
L’été trahit parfois l’ardeur de vos supplices,
Quant au juillet d’hiver aux glaciales milices,
Je ne sais de saison qui ne soit ébréchée.

Si vains si  mensongers ces mots dits qui relancent
Une innommable haine à ne plus prononcer,
C’était un mauvais songe, à quoi bon dénoncer
Une indicible horreur, par pitié, du silence.


A mes arrières grands-mères, au chemin des grands jardins et  tant d’autres, et aux imbéciles pardonnés qui me croient antisémite, si on ne peut plus rire de soi même c’ est que tous les combats pour la liberté sont vains. Donc je persiste à dire que « loin de moi la nostalgie des fours crématoires, mais vraiment il fait froid. »







jeudi 21 novembre 2013

Aux loups soeurs

Les frères Carrache: Rémus et Romulus alimentés par la louve romaine.


La terre n' est pas tendre à ses intermittents,
 Les parieurs du hasard sur des roulettes russes
 Défiant les blizzards au nom du roi de Prusse,
 Tambours guère battants de troisième mi-temps...

 Les manches rapiécées, nonchalamment ils errent,
Sourires mal rasés aux bouches assoiffées,
Un visage d' enfant aux rêves décoiffés,
La larme au coin de l' oeil, fredonnant de vieux airs.

 L' attente a délaissé les pics de leurs rivages,
Entre deux vins, deux mers, deux destins , entre deux.
Au littoral jonché de cadavres hideux
Nulle voix égayée n' annonce d' arrivage.

 Nul cor ne retentit pour ces loups solitaires,
 Hors le cri abyssal de murène, peuplé
 De sirènes de grotte aux antres décuplés,
 Sanctuaires scabreux, sulfureux presbytères...

 Ces détrousseurs de morts avides de butin,
 Leur trésor momifié s' est mu en boue liquide,
 Prisonniers de harpie à la langue bifide,
 Ils hâtent leur naufrage en se croyant mutins.

 Alors échoués,détruits n' ayant plus rien d' un homme,
 A d' anonymes seins ils vont téter le sang,
 Monstre, bête ou sorcière au laitage indécent,
Cette femelle-là les fera fonder Rome.





Matmatah - Derrière ton dos - Vieilles Charrues... par deepexperience

jeudi 14 novembre 2013

L' être ange étrangleur

Munch: séparation



La mort est la minute brève,
La caresse trop affermie,
 De l' épiderme honnie amie
 Mettant un terme à de beaux rêves.

 Pont de mains sur mon cou muet,
Tragédie ou opéra bouffe,
Etau si serré qui m' étouffes,
Amuse-toi des os fluets.

 Ce sang coulera dans mes veines,
 Aussi longtemps que les bouffons
Qui croient engendrer...Ainsi font
Les démunis de la déveine.

 Comment as-tu pu menacer
Jusqu' au gémissement fugace,
La pauvre hère qui t' agace
 Sans aucun trésor amasser.

 J' aurais pu tout te pardonner,
Des traumatismes pairs et mères
 Les faims , froidures ou misères
Mais cesse de me sermonner.

 Ou regarde toi dans la tourbe,
 Nous errons tous pauvres humains,
 En ignorant quels lendemains
 Nous prépare un sol qui s' embourbe.

 Je hais le sauvage empaleur,
 Ma colonne brisée se courbe,
 Aucun menteur, sordide fourbe
 N' a jamais su m' offrir de fleurs.

 Des étrangleurs? Mais quelle horreur!

 

jeudi 7 novembre 2013

Ils auront douze ans et déjà des dents

Turner: Shadrak, Neshak et Abed Nego dans la fournaise ardente.



Mea culpa, car j' ai plus d' enfants que de dents...

Par pitié pardonnez la mère iconoclaste,
L' infanticide dame aux lames aiguisées,
L'infâme préceptrice aux âmes déguisées,
Guerrière maïeutique, va , détruis, dévaste!

Je hais les nourrissons, hurlant, tels des damnés,
L' adolescent rebelle n' est pas de ma caste,
Les femelles pubères aspirant aux fastes
N' exhalent des fatales qu' un succédané.

Ces nains se croient géants, pauvres petits Narcisses,
Noyés aux noirs fluides d' orgueils ténébreux,
Toujours plus niais, plus vils, plus impies, plus nombreux,
Ignorants des vertus mais adeptes des vices;

Sertis de certitudes, ceints de singerie,
Ces donneurs de leçons aux bouches chrysostomes,
Ne savent ni volume, ni page , ni tome,
Mais croient redécouvrir les ors des vieilleries.

Or moi de race ancienne le fier rejeton,
Ambitionnant l' estoc, le poison, la noyade,
J' aspire à me mouvoir, maléfique naïade,
Au sein du génocide de ces avortons:

Briser leurs os débiles dans leur corps malingre,
Griffer leur peau laiteuse de larve avortée,
Uriner le déluge aux minables portées
Qu' Asmodée inspira, jouant son violon d ' Ingres...

Ils portent des adultes toute fatuité...
Je ne m' attendris pas, je vois leur avenir,
Figé dans le glacier, dans l' ombre , le menhir,
S' ils nient l' éternité, c' est la perpétuité.