dimanche 1 décembre 2013

Règlement de con

Klimt: la vie et la mort.



Les hurlements, le sang, la peur, les pluies de flammes.
Plus de pères, de fils, en face un mur amer.
Des marées de douleur, des mères à la mer
Du mortifère éther de gaz fondant en lames.

L’âme de notre terre étreignit ses mourants
Suintant leur rédemption par tous les orifices,
Elle a longtemps crié le mal du sacrifice
D’enfants abandonnés au feu de ce courant.

Vous fûtes les enjeux de scabreuses affaires
Innocents héritiers aux ancêtres maudits,
Condamnés à errer de ghettos en taudis,
Vos destins diffamés défaits en haute sphère.

La pluie a raconté tant de larmes séchées,
L’été trahit parfois l’ardeur de vos supplices,
Quant au juillet d’hiver aux glaciales milices,
Je ne sais de saison qui ne soit ébréchée.

Si vains si  mensongers ces mots dits qui relancent
Une innommable haine à ne plus prononcer,
C’était un mauvais songe, à quoi bon dénoncer
Une indicible horreur, par pitié, du silence.


A mes arrières grands-mères, au chemin des grands jardins et  tant d’autres, et aux imbéciles pardonnés qui me croient antisémite, si on ne peut plus rire de soi même c’ est que tous les combats pour la liberté sont vains. Donc je persiste à dire que « loin de moi la nostalgie des fours crématoires, mais vraiment il fait froid. »







jeudi 21 novembre 2013

Aux loups soeurs

Les frères Carrache: Rémus et Romulus alimentés par la louve romaine.


La terre n' est pas tendre à ses intermittents,
 Les parieurs du hasard sur des roulettes russes
 Défiant les blizzards au nom du roi de Prusse,
 Tambours guère battants de troisième mi-temps...

 Les manches rapiécées, nonchalamment ils errent,
Sourires mal rasés aux bouches assoiffées,
Un visage d' enfant aux rêves décoiffés,
La larme au coin de l' oeil, fredonnant de vieux airs.

 L' attente a délaissé les pics de leurs rivages,
Entre deux vins, deux mers, deux destins , entre deux.
Au littoral jonché de cadavres hideux
Nulle voix égayée n' annonce d' arrivage.

 Nul cor ne retentit pour ces loups solitaires,
 Hors le cri abyssal de murène, peuplé
 De sirènes de grotte aux antres décuplés,
 Sanctuaires scabreux, sulfureux presbytères...

 Ces détrousseurs de morts avides de butin,
 Leur trésor momifié s' est mu en boue liquide,
 Prisonniers de harpie à la langue bifide,
 Ils hâtent leur naufrage en se croyant mutins.

 Alors échoués,détruits n' ayant plus rien d' un homme,
 A d' anonymes seins ils vont téter le sang,
 Monstre, bête ou sorcière au laitage indécent,
Cette femelle-là les fera fonder Rome.





Matmatah - Derrière ton dos - Vieilles Charrues... par deepexperience

jeudi 14 novembre 2013

L' être ange étrangleur

Munch: séparation



La mort est la minute brève,
La caresse trop affermie,
 De l' épiderme honnie amie
 Mettant un terme à de beaux rêves.

 Pont de mains sur mon cou muet,
Tragédie ou opéra bouffe,
Etau si serré qui m' étouffes,
Amuse-toi des os fluets.

 Ce sang coulera dans mes veines,
 Aussi longtemps que les bouffons
Qui croient engendrer...Ainsi font
Les démunis de la déveine.

 Comment as-tu pu menacer
Jusqu' au gémissement fugace,
La pauvre hère qui t' agace
 Sans aucun trésor amasser.

 J' aurais pu tout te pardonner,
Des traumatismes pairs et mères
 Les faims , froidures ou misères
Mais cesse de me sermonner.

 Ou regarde toi dans la tourbe,
 Nous errons tous pauvres humains,
 En ignorant quels lendemains
 Nous prépare un sol qui s' embourbe.

 Je hais le sauvage empaleur,
 Ma colonne brisée se courbe,
 Aucun menteur, sordide fourbe
 N' a jamais su m' offrir de fleurs.

 Des étrangleurs? Mais quelle horreur!

 

jeudi 7 novembre 2013

Ils auront douze ans et déjà des dents

Turner: Shadrak, Neshak et Abed Nego dans la fournaise ardente.



Mea culpa, car j' ai plus d' enfants que de dents...

Par pitié pardonnez la mère iconoclaste,
L' infanticide dame aux lames aiguisées,
L'infâme préceptrice aux âmes déguisées,
Guerrière maïeutique, va , détruis, dévaste!

Je hais les nourrissons, hurlant, tels des damnés,
L' adolescent rebelle n' est pas de ma caste,
Les femelles pubères aspirant aux fastes
N' exhalent des fatales qu' un succédané.

Ces nains se croient géants, pauvres petits Narcisses,
Noyés aux noirs fluides d' orgueils ténébreux,
Toujours plus niais, plus vils, plus impies, plus nombreux,
Ignorants des vertus mais adeptes des vices;

Sertis de certitudes, ceints de singerie,
Ces donneurs de leçons aux bouches chrysostomes,
Ne savent ni volume, ni page , ni tome,
Mais croient redécouvrir les ors des vieilleries.

Or moi de race ancienne le fier rejeton,
Ambitionnant l' estoc, le poison, la noyade,
J' aspire à me mouvoir, maléfique naïade,
Au sein du génocide de ces avortons:

Briser leurs os débiles dans leur corps malingre,
Griffer leur peau laiteuse de larve avortée,
Uriner le déluge aux minables portées
Qu' Asmodée inspira, jouant son violon d ' Ingres...

Ils portent des adultes toute fatuité...
Je ne m' attendris pas, je vois leur avenir,
Figé dans le glacier, dans l' ombre , le menhir,
S' ils nient l' éternité, c' est la perpétuité.

vendredi 27 septembre 2013

Les absents ont toujours raison

Delvaux: Vénus endormie




L' absence épanouit la nuit de la distance,
 La main ne palpe plus que contours atrophiés,
 Le regard s' asphyxie d' illusions déifiées
 Dont l' être a imprégné sa mâle persistance.

Maladie sans remède aux voulues surdités,
 Le manque est un mystère méconnu des mages,
Affamé de chimères, rassasié d' images,
Nourri aux spires de sa propre absurdité.

Les disparus d' ici, fantassins des ailleurs,
En duels déloyaux contre eux se font la guerre,
Les amants délaissés, les aïeux de naguère,
Au lettres humectées par des mots mitrailleurs,

Où s' en sont-ils allés, vers quelles quêtes vaines,
Comment n' ont ils pas vu la bouche qui hélait,
Entendu les secrets que des lèvres scellaient?
Ils traînent aux enfers leur pesante déveine.

Ce qui se lie à terre au ciel n' est pas délié,
La marque de nos liens s' imprime dans nos chairs,
Peut on compter pour rien ce qui valait si cher,
Déchirer tant de pages de nos peaux reliées!

Honnie soit la vieillesse que plus rien ne tente,
Si aucune lumière ne teint l' horizon,
En ce marasme obscur où nous nous enlisons,
Surtout ne pas partir mais préférer l' attente.







vendredi 16 août 2013

Velkommen

Grimshaw: Lady of Shalott


A la fin tu reviens,
Mes amours isolées
Faisaient un mal de chien
Au coeur camisolé,

J' ai dû saigner de l' âme,
Du haut mal perforée,
Dans les relents infâmes
D' odeurs décolorées.

Le miel n' est plus sucré,
le soleil est en larmes,
le ciel n' est plus sacré,
La lèvre n' est plus parme.

Tu ne saurais savoir,
Ma langue n'a goûté
 Rien qui puisse se voir,
Ce qu'il m' en a coûté.

J'espère que la faune
Loin de ton île immonde
Sous l'onde d'un cyclone
S'effacera du monde.

Bientôt ma sépulture,
Profilait sa silhouette,
La terrible sculpture
Profanée par les mouettes.

Fragile est le trouvère
Laissé à sa folie,
Peinant en son calvaire,
Les forces amollies.

Si cet antre est ton havre,
S' il t' y faut séjourner,
C' est le corps d' un cadavre
Que tu vas retourner.





jeudi 8 août 2013

Prophètes vos papiers

Burthe: Sapho jouant de la lyre  ( exposition la femme et la mer au musée Eugène Boudin à Honfleur)


L'oeil qui est dans la tombe va-t-il se fermer
Ou rester grand ouvert comme l' orbe de paon?
Jusqu' à quand espérer que la graine germée
Parvienne à détourner les ruses du serpent?

Notre terre , nos mers qui êtes dans les cieux,
Ne croyez pas en l' homme qui croit vous créer,
Il projette sur vous ses desseins ambitieux,
Expressions de ses imprécations maugréées .

Qui pourra inventer les nouvelles couleurs
D'un arc en ciel offert, fertile arche d' alliance,
A quel noble artisan, quel génial rémouleur,
Proposer d' adoucir la forme sans méfiance?

Elie, Elysée, Ezéchiel, Job, Malachie,
Pourquoi restent -ils sourds à toutes vos sentences,
Le monde est un immense navire en partance.
Il tangue et va sombrer , quel terrible gâchis.

Je vois le feu, la flamme, le frisson, l' effroi,
Les esprits morfondus,les squelettes brisés,
L'insupportable ardeur, l' irrépressible froid
Des regards insoucieux des ailes irisées;

Et pourtant, elle tourne, volute implacable,
Du fond de nos misères en forme de Croix,
Suivant incognito sa logique imparable,
Malheur aux vierges folles qui en rien ne croient.





Si Dieu n' est pas aux fondations de la maison, c' est en vain que travaillent ceux qui cherchent à l' édifier.