samedi 24 novembre 2012

La raie in carnation où l' âme est en psychose



Dali: cucifixion ( Voir expo à Beaubourg)

Ce bout d' isthme sans fin en sa passivité
 Se veut la porte ouverte à des bouches béantes,
Des chakras encrassés, des issues malséantes,
Niant à l' être humain toute agressivité.

Que vaut cette spirale aux contours maigrelets,
Face au cercle parfait de notre finitude,
Seule la mort hélas reste la Certitude,
Rien n' atteste le vrai de vies renouvelées.

Frère, il nous faut mourir, prier et travailler,
Lutter pour respirer,aimer à pleines veines,
Cesser l' économie d' une espérance vaine,
N' attendons pas cloués, fakirs dépenaillés.

La Croix, ce bois des dieux, creuset de nos douleurs,
Redonne les honneurs aux fils de la révolte,
Seul le père en est mort, leur offrant la récolte
De la terre et du ciel dont ils sont les voleurs.



jeudi 8 novembre 2012

Hameceurs

Lee Jeffries : faces

 Ils ont goûté la vigne, humé le réséda,
 Lu chaque livre hélas, mais leur chair n' est pas lasse,
Trempé dans les tripots, baigné dans la mélasse,
Gémi lorsque ce siècle en poudre décéda.

 Plus cabossés que feues carrosseries de casse,
 Bardés de cicatrices tels d' anciens soldats,
 Revenants de la guerre, alourdis de bardas,
 Désuets Cyranos, Capitaines Fracasse,

 Artistes, savants fous, sages un peu fadas,
 Dandys qu' aucune mode à la fin ne déclasse,
Immortels patinés par le feu et la glace,
 De leurs paradis purs brandissant le mandat,

 Ils incantent la terre humiliée à voix basse;
 Leur chant est l' hallali de saintes armadas,
Alliés désenchantés, Familia Sagrada,
 En vos traits dévorés je vois la Sainte Face.


 

lundi 29 octobre 2012

carpe noctem

Dali: les ombres de la nuit


Loin des ululements des foules dissidentes,
Aux faux désirs futiles mais vociférés,
 Tel un fretin fragile affairé puis ferré
 A l' hameçon du soir quand le ciel s' accidente,

 Loin des couleurs criardes des rues abîmées,
Des villes enlaidies que la ténèbre ronge,
 Quand la nuit noie le monde menteur en ses songes,
 Noircissant les vitrines d' encre inanimée,

 Les rares promeneurs creusés de lassitude,
 Ou riant sottement de se croire joyeux,
 Offrent au désespoir un terrain giboyeux,
 Lucides sur les affres de leur solitude,

 Malheur à qui se bat dans une ombre erronée,
 Malheur à qui se prive de diurnes lumières,
 Pauvres précipités plongeant tête première
Au paradis déchu des princes détrônés,

 Peuple superstitieux enterré dans les caves,
 Dansant pour oublier les secrets de ses dieux,
 De parade nuptiale en rituels odieux,
 Cachant son anxiété par un sourire hâve,

 L' aube attendra tapie, suicidaire stylet,
 Tendant le traquenard de son poignard de glace,
 Du crépuscule éteint l' aurore prend la place
Afin de révéler à l' homme qui il est.


 .

lundi 24 septembre 2012

21 grammes

Van Der Weyden

 L' occident dort, l' occident vaut son pesant d' or,
L' occident a battu sa décadente danse,
 Que sonne le toccin, une ultime cadence,
Voilà le chant du cygne, un chant de Maldoror.

. Que devait -il y perdre, une obscure richesse,
Un monarque absolu pour un trésor royal,
Un Dieu pauvre vaincu en un combat loyal,
Des martyres, des gueux, des princes, des duchesses?

 Toi ma pauvre patrie vide de sang versé,
Mon exsangue gisante aux défunts inutiles,
Tu résonnes de cris et de sanglots futiles,
Ta boîte de Pandore est un panier percé.

 Que pourra-t-on offrir en précieux holocauste,
Pour contrebalancer d' ancestrales erreurs,
 Pour expier du crime l' innommable horreur,
Sans trahir par la ruse du pacte de Faust?

Si le salut perdure aux pointes des calames,
L' espoir ne ternit pas en dépit du bon sens,
Qui ne saurait mentir au fumet de l' encens,
 Quand il élève aux cieux le poids léger de l' âme.

mardi 11 septembre 2012

Poussière hot

Goya : Combat de chats




Suivons allègrement le flot des multitudes,
Une pensée multiple «  s’ avèrera vraie » !
Nombreux sont les bons grains, si clairsemée l’ ivraie,
Hurler avec les loups est la bonne attitude.

De nos jours les victimes fuient le champ des tirs,
Les bruits galopent, comme ils s’ enflent ou ronronnent,
Les profanations viles valent des couronnes,
D’ impurs blasphémateurs deviennent des martyrs.

Où donc est l’ aiguillon, où donc est la victoire ?
Reines d’ une saison sans être crucifiées,
Sur l’ autel des médias, victimes cocufiées,
Quel au-delà futur pour votre échappatoire ?

Si j’ en crois Limonov, mériter la prison,
Ce tremplin provisoire qui rend populaire,
Qui ouvre à notre monde un règne séculaire,
C’ est s’ offrir l’ avenir, c’ est de l’ ouest l’ horizon.

Les abrutis notables se culpabilisent
Les ignares pleureuses iront s’ offusquer,
Prétendant d’ occultes ennemis débusquer,
L’ Europe pâlissant dans les remords s’ enlise.

Contemplons ce spectacle obscur et décadent,
Ce n’ est pas notre faute, nous n’ étions pas nés,
Ni celle de nos chefs au cerveaux trépanés,
Qui paie la note alors ? Le serpent…ou Adam.





Elle, c' est une punk, et elle chante bien...

jeudi 30 août 2012

héler

Adam, Lilith et Eve , Notre -Dame de Paris.


Vers qui porter l' appel, qui prier , qui héler,
Quelle entité saura percer mille mystères,
Et faire des orients à tous les finistères
Surplomber l' altitude de notre âme ailée.

L’ esprit se meurt souvent dans son triste onanisme,
Pauvre mite cognant la froideur des carreaux,
Solitaire félin arpentant les barreaux,
L’ esprit se meut en d’ implacables mécanismes.

Tu fais de mon cerveau la cour du roi Pétaud
Ma violente folie aux étreintes lesbiennes,
Tu emprisonnes, toi, la vorace amibienne,
Ton fragile jouet en un terrible étau.

Tu nourris notre union à l’ ardeur de détruire,
Chercherai-je l’ oubli jusqu’ à la frénésie ?
Quand la trêve espérée m’ apporte l’ amnésie
Tes murmures malsains recommencent à bruire.

A l’ inégal combat, d’ avance j’ ai perdu,
Je m’ épuise en élans que tes forces réfrènent,
Sorcière du logis, mon double schizophrène,
Ma belliqueuse amante aux pensées distordues.

C’ est à la perfection que nos formes s’ enchâssent,
Il suffirait d’ un rien pour me contaminer…
Chante mon cygne noir, ton règne est terminé,
La vigie d’ un drakkar t’ a enfin prise en chasse.

mardi 14 août 2012

l' âme est moire

Fresque du cloître du Puy en Velay


 Cette histoire se lit dans l' ambre et les fossiles,
 En l' émail des carreaux aux moulins azurés,
 Sur une île émergeant de mers démesurées
 Défendue par l' acier des lames indociles.

 Elle est gravée aux os venus d' âges de pierre,
 La lave avait sculpté des reliefs torturés,
 Puis la glace frigide est venue ceinturer
D' immenses animaux en sa prison de verre.

 Comment l' être fragile à la fin survécut,
 Vêtu de nudité, sans défenses , sans griffes?
Gardez vos mensongères thèses apocryphes,
 Il n' avait pas encore de sabre ni d' écu.

 Comment a-t-il dressé sur l' eau ses pavillons,
 Apposé son empreinte à l'endroit, à l' envers
A la croisée des sentes de tout l' univers,
 Redessiné au soc le sol et ses sillons?

 Au nom de quelle rage a-t- il fait de rochers
 Des châteaux accrochés à des cimes en miettes,
Des églises qui sur les nuages empiètent,
 Dressant face aux démons l' épée de leur clocher.

 Son oeil va percevoir par delà l' indicible,
Sa main sait façonner la quasi déité,
 Son âme au sombre éclat pourrait préméditer
 De son monde la fin s' il le prenait pour cible.

 Or malgré les sabbats et les danses tribales,
 Tant de menhirs hissés et de dolmens déchus,
 Depuis l' ange au sourire au diable au doigts crochus,
 Il enfouit son secret sous la pierre tombale.