lundi 24 septembre 2012

21 grammes

Van Der Weyden

 L' occident dort, l' occident vaut son pesant d' or,
L' occident a battu sa décadente danse,
 Que sonne le toccin, une ultime cadence,
Voilà le chant du cygne, un chant de Maldoror.

. Que devait -il y perdre, une obscure richesse,
Un monarque absolu pour un trésor royal,
Un Dieu pauvre vaincu en un combat loyal,
Des martyres, des gueux, des princes, des duchesses?

 Toi ma pauvre patrie vide de sang versé,
Mon exsangue gisante aux défunts inutiles,
Tu résonnes de cris et de sanglots futiles,
Ta boîte de Pandore est un panier percé.

 Que pourra-t-on offrir en précieux holocauste,
Pour contrebalancer d' ancestrales erreurs,
 Pour expier du crime l' innommable horreur,
Sans trahir par la ruse du pacte de Faust?

Si le salut perdure aux pointes des calames,
L' espoir ne ternit pas en dépit du bon sens,
Qui ne saurait mentir au fumet de l' encens,
 Quand il élève aux cieux le poids léger de l' âme.

mardi 11 septembre 2012

Poussière hot

Goya : Combat de chats




Suivons allègrement le flot des multitudes,
Une pensée multiple «  s’ avèrera vraie » !
Nombreux sont les bons grains, si clairsemée l’ ivraie,
Hurler avec les loups est la bonne attitude.

De nos jours les victimes fuient le champ des tirs,
Les bruits galopent, comme ils s’ enflent ou ronronnent,
Les profanations viles valent des couronnes,
D’ impurs blasphémateurs deviennent des martyrs.

Où donc est l’ aiguillon, où donc est la victoire ?
Reines d’ une saison sans être crucifiées,
Sur l’ autel des médias, victimes cocufiées,
Quel au-delà futur pour votre échappatoire ?

Si j’ en crois Limonov, mériter la prison,
Ce tremplin provisoire qui rend populaire,
Qui ouvre à notre monde un règne séculaire,
C’ est s’ offrir l’ avenir, c’ est de l’ ouest l’ horizon.

Les abrutis notables se culpabilisent
Les ignares pleureuses iront s’ offusquer,
Prétendant d’ occultes ennemis débusquer,
L’ Europe pâlissant dans les remords s’ enlise.

Contemplons ce spectacle obscur et décadent,
Ce n’ est pas notre faute, nous n’ étions pas nés,
Ni celle de nos chefs au cerveaux trépanés,
Qui paie la note alors ? Le serpent…ou Adam.





Elle, c' est une punk, et elle chante bien...

jeudi 30 août 2012

héler

Adam, Lilith et Eve , Notre -Dame de Paris.


Vers qui porter l' appel, qui prier , qui héler,
Quelle entité saura percer mille mystères,
Et faire des orients à tous les finistères
Surplomber l' altitude de notre âme ailée.

L’ esprit se meurt souvent dans son triste onanisme,
Pauvre mite cognant la froideur des carreaux,
Solitaire félin arpentant les barreaux,
L’ esprit se meut en d’ implacables mécanismes.

Tu fais de mon cerveau la cour du roi Pétaud
Ma violente folie aux étreintes lesbiennes,
Tu emprisonnes, toi, la vorace amibienne,
Ton fragile jouet en un terrible étau.

Tu nourris notre union à l’ ardeur de détruire,
Chercherai-je l’ oubli jusqu’ à la frénésie ?
Quand la trêve espérée m’ apporte l’ amnésie
Tes murmures malsains recommencent à bruire.

A l’ inégal combat, d’ avance j’ ai perdu,
Je m’ épuise en élans que tes forces réfrènent,
Sorcière du logis, mon double schizophrène,
Ma belliqueuse amante aux pensées distordues.

C’ est à la perfection que nos formes s’ enchâssent,
Il suffirait d’ un rien pour me contaminer…
Chante mon cygne noir, ton règne est terminé,
La vigie d’ un drakkar t’ a enfin prise en chasse.

mardi 14 août 2012

l' âme est moire

Fresque du cloître du Puy en Velay


 Cette histoire se lit dans l' ambre et les fossiles,
 En l' émail des carreaux aux moulins azurés,
 Sur une île émergeant de mers démesurées
 Défendue par l' acier des lames indociles.

 Elle est gravée aux os venus d' âges de pierre,
 La lave avait sculpté des reliefs torturés,
 Puis la glace frigide est venue ceinturer
D' immenses animaux en sa prison de verre.

 Comment l' être fragile à la fin survécut,
 Vêtu de nudité, sans défenses , sans griffes?
Gardez vos mensongères thèses apocryphes,
 Il n' avait pas encore de sabre ni d' écu.

 Comment a-t-il dressé sur l' eau ses pavillons,
 Apposé son empreinte à l'endroit, à l' envers
A la croisée des sentes de tout l' univers,
 Redessiné au soc le sol et ses sillons?

 Au nom de quelle rage a-t- il fait de rochers
 Des châteaux accrochés à des cimes en miettes,
Des églises qui sur les nuages empiètent,
 Dressant face aux démons l' épée de leur clocher.

 Son oeil va percevoir par delà l' indicible,
Sa main sait façonner la quasi déité,
 Son âme au sombre éclat pourrait préméditer
 De son monde la fin s' il le prenait pour cible.

 Or malgré les sabbats et les danses tribales,
 Tant de menhirs hissés et de dolmens déchus,
 Depuis l' ange au sourire au diable au doigts crochus,
 Il enfouit son secret sous la pierre tombale.

mardi 10 juillet 2012

union cosmique

Mon amour en train de chanter derrière Lou Reed, excusez moi du peu au festival de Montereau avec les blue monster tracks ( en effet j' éclate de fierté sans aucune fausse ou vraie modestie!) Siudmak: idylle
Mon amour de chanteur, photo de Alain Hiot, groupe " les blue monster tracks" Voici mon texte fétiche écrit dans une autre vie des siècles auparavant suivi d' un texte composé par mon géant danois qui m' autorise à livrer ici sans pudeur sa poésie iconoclaste.


J' irai me fondre aux laves des astéroïdes,
Me nourrir goulûment au lait des voies lactées,
Voir faillir les novas par salves rétractées,
Dormir contre Saturne aux formes ovoïdes.

Mon avenir se lie aux étoiles filantes,
Satellite oublié d' astre cyclopéen...
Disparaître au soleil, songe prométhéen,
Scintiller aux marées des vagues déferlantes!

lumière, ma patrie, dissous-moi en ton prisme,
Abreuve-moi du beau jailli de ton pinceau;
Revêts-moi du tissu diapré de tes arceaux,
Offre moi tes lueurs explosant en seïsmes.

Sous l' arche de tes bras, être rayon liquide,
Ardent comme un buisson qui a reçu Yahvé;
Purifiée des terrestres ombres dépravées,
Je serai pur esprit ressourcé à ton fluide.


Mon amour est...

Mon amour est gamine, une fleur printanière
Comme jamais nature n' en avait enfanté
Un océan de joie, de rire, de santé
Elle montre la voie à la terre tout entière

Mon amour est poète, comme des montgolfières
Ses vers s' élèvent aux cieux où viennent les chanter
Des anges débonnaires aux ailes argentées
Et leurs voix emmêlées évoquent une prière

Mon amour est ardente et furieuse guerrière
A son flanc vient frapper un glaive ensanglanté
Elle monte la garde car ses nuits sont hantées
Par des démons qui veulent la priver de lumière

Mon amour est princesse, son allure est altière
Son front est ceint d' or pur et ses mains sont gantées
De cuir noir comme ses yeux qui viennent se planter
Dans les miens comme le feraient ceux d' une sorcière


M. le 3 juillet 2012.

Merci mon géant danois, je ne veux pas d' autre épitaphe!


jeudi 5 juillet 2012

Qu'est-ce que la vérité? ( Pilate à Jésus-Christ)

Édouard Debat-Ponsan : la vérité sortant du puits

 Si tout est mouvement, succession illusoire
 De potentiels morts-nés, de demains avortés,
 Si l' abstraction du temps, ce trait aléatoire
 Martèle nos journées de nos nuits escortées,

 S'il faut devenir fou pour guérir de l' enfance,
 Puis devenir sénile avant d' être assagi,
Si seul le hasard crée l' être dont il s' agit
 Voué à évoluer en guise de défense,

 Si toute foi se meurt au nom de la raison,
Si le bourgeon pourrit, si la mèche est éteinte,
 Si les lueurs mouillées s' immolent hors d' atteinte
 Aux cendres des brasiers de toute floraison,

 Je veux me souvenir au nom des écrivains
De l' enthousiasme sain de l' aube des genèses,
 Des amours consumant l' infernale fournaise
Qui me réchauffe à toi comme l' âme au divin.


 

vendredi 15 juin 2012

Enfin on débarrassa ma terre d' un coquin qui en infestait la surface

Burne Jones: le prince de la forêt


 Le vétuste dragon darde un oeil indigné,
L' Archange ailé de rêves sa dague soulève,
Le fiel du vieux serpent contre l' antique glaive,
Qui de cet est d' Eden sera  le jardinier?

Vade retro, j' en ris, car j' ai trouvé mon Cid!
Son verbe est plus puissant qu' un cor de Jericho,
Son muscle est plus saillant qu' un corps de Géricault,
Il n' est aucune honte au juste parricide!

Va te gargariser d' ésotériques rites,
Le sépulcre blanchi dans un obscur couvent
Sera l' ultime écrin d' un adieu éprouvant
Où tu me maudiras toi qui me déshérites.

Nous pauvres parias au repentir tardons,
C' est que la voix du beau aux plaisirs nous appelle,
C' est que l' ombre recèle beaucoup de chapelles,
Pourtant sans condition je t' octroie mon pardon.