Burthe: Sapho jouant de la lyre ( exposition la femme et la mer au musée Eugène Boudin à Honfleur)L'oeil qui est dans la tombe va-t-il se fermer
Ou rester grand ouvert comme l' orbe de paon?
Jusqu' à quand espérer que la graine germée
Parvienne à détourner les ruses du serpent?
Notre terre , nos mers qui êtes dans les cieux,
Ne croyez pas en l' homme qui croit vous créer,
Il projette sur vous ses desseins ambitieux,
Expressions de ses imprécations maugréées .
Qui pourra inventer les nouvelles couleurs
D'un arc en ciel offert, fertile arche d' alliance,
A quel noble artisan, quel génial rémouleur,
Proposer d' adoucir la forme sans méfiance?
Elie, Elysée, Ezéchiel, Job, Malachie,
Pourquoi restent -ils sourds à toutes vos sentences,
Le monde est un immense navire en partance.
Il tangue et va sombrer , quel terrible gâchis.
Je vois le feu, la flamme, le frisson, l' effroi,
Les esprits morfondus,les squelettes brisés,
L'insupportable ardeur, l' irrépressible froid
Des regards insoucieux des ailes irisées;
Et pourtant, elle tourne, volute implacable,
Du fond de nos misères en forme de Croix,
Suivant incognito sa logique imparable,
Malheur aux vierges folles qui en rien ne croient.
Si Dieu n' est pas aux fondations de la maison, c' est en vain que travaillent ceux qui cherchent à l' édifier.





