Goya: Chronos dévorant ses enfantsLa minute figée,le kayros, l' heure exquise,
La gloire à l' état brut, la médaille arrondie
D'horloge pétrifiée qu' un rai brûlant fondit,
L' aurore boréale baignant la banquise.
Ce plaisir savouré que sonne l' immédiat,
Plus fugitif que fange avant céleste ardeur,
Plus vaporeux que vierge aux fugaces candeurs,
L' instant tant glorieux, demain y remédia.
C' est mirifique titre à la fin empoché,
Pactole inattendu,célébrité peut-être,
Edifice flottant au dessus du salpêtre,
Vainqueur sanguinolent, sans dents, les yeux pochés.
Et puis c' est la descente après cette entrevue,
On tutoyait la nuée à béance entrouverte,
Il faut s' en retourner au gré des marées vertes,
Repasser les échecs des matins en revue.
L' éclat, cet or brutal, aux rayons éphémères
Est le cadre sournois du lit de nos ennuis,
L' aube est interrompue de mille et une nuits,
Le glas de ces ébats crisse d' un rire amer.
Saisir l' éternité, étreindre la durée,
Sourds aux années qui passent , hideuses menaces,
Enlacés sans ces liens qui blessent et qui lassent,
Offrons au dieu du temps nos amours épurées.





