jeudi 14 mars 2013

GI Joe

 Stearns: farmer ( il s' agit de Georges Washington, inspectant ses esclaves, badine à la main)

 Va tendre ton poitrail aux meutes qui te raillent,
 Héros d' un jour défunt voué au crépuscule,
 Ton histoire avortée s' écrit en minuscules
, Ponctuée de tes poings criblés par la mitraille.

 La fleur de nos pavés, un triste maréchal
 Constitua ce grand oeuvre dans tous ces états,
 Paraphé de ton sang négrier, gros bêta,
 Tes pères t' ont vendu, pondant le plan Marshall...

 Pas un Juif immigré pour mettre le hola,
 Le génocide indien fut le pacte des Loges,
 Un règne de crapules que rien ne déloge
 Nous noie dans un déluge de coca cola,

 Mêlant le mal immonde au purin puritain.
 Pauvre Joe disgracié, ta femme fait la belle,
Tu touches ta pension mais elle se rebelle
 Croyant se libérer en faisant la putain.

 Quelque secte démente lui promet le ciel,
 L' air du temps lui ordonne de dominer l' homme,
 D'effacer mômes et mari d' un coup de gomme,
 Pour se greffer un utérus artificiel.

 Amère loque cousue de lambeaux d' Incas,
 Après la défec..tion d' un pape incontinent,
 Il manquait ce fleuron au fourbe continent:
 Un Jésuite argentin...Nul doute, c' est un cas.

Quant à ton président à l' unanimité,
Je le goûte aussi peu que mon laiteux fromage
Ou que l' autre Italien, parodiques rois mages
D' un vieux mythe émietté comme un drapeau mité.

jeudi 28 février 2013

Le champ du potier

 Piero Della Francesca

Pardonnez leur, ils ne savent pas ce qu' ils font

  Qui donc aura l' idée de ce que pèse l' âme,
Existence du corps ,essence de la chair,
Substance usée honnie de tous nos êtres chers,
Du suc d' homme goûté aux gouttes d' eau des femmes.

 Si je t' eusse crée pour qu' à la fin tu susses,
Combien je sacrifiai ma déïfique moëlle,
Combien je retraçai sur la terrestre toile
 Des calices de sang qu' inconsciemment tu suces,

 Peut-être eussé-je au Mal accordé mon pardon.
 Mais je subodorai l' ignorance enfantine,
 Le coupable abandon des chapelles sixtines,
 En espérant le lys au milieu des chardons.

 Je ne t' en veux pas plus qu' une mère à son fils,
 Reniant sans y songer les voeux de son baptême,
 Je souffrirai l' affront de tous tes anathèmes
Pourvu que le vrai jaillisse des orifices.

 Si la bouche se tait,que les pierres s' écrient,
 Jamais un seul iota ne doit être changé,
 Par delà les famines , les hosties mangées,
Qui veut rester vivant relise les écrits.


samedi 16 février 2013

l' enfant homme

Elle, c' est une photographe et une créatrice, elle transfigure la réalité en révélant au profane la magie qui l' encercle.Elle c' est un elfe, délicate et dense, une dentelle liturgique, un ouvrage d' orfèvre.Elle c' est un chevalier, loyale et sans compromissions.J' ai l' honneur de vous faire découvrir mon amie Anne Laure, à travers une de ses photos que j' ai illustrée d' un texte sans prétentions, bon voyage sur un site classé.

http://al-k-photos.blogspot.fr/



L' infante homme.

Elle heurta de sa main  la croisée d' ogive...
L' ombre figée de givre ailée de vent glacial
Profilait sa silhouette de spectre hivernal,
Sa plaintive oraison peuplait la nuit craintive.

"Je suis fille de roi!" Ouvrez, foi de mon sceptre,
Avide de secrets j' implore à votre porte,
Je n' ai ni protection, ni armée, ni cohorte,
Mais deux bonnes épées aux pommeaux ambidextres.

Une voix d' outre-tombe à la fin s' éleva:
" Parle donc ectoplasme,quel mal te tourmente?
- Je souffre de tout temps de douloureuse attente
D' un destin flamboyant dont mon esprit rêva,

Cependant je sais bien que mes chances sont minces,
Le triomphe appartient à de mâles césars,
L' honneur de toute femme est livré au hasard."
-Ne crains rien, ombre d' or, tu fais pâlir les princes




vendredi 8 février 2013

Lutte,l'utopie

Ils verraient par delà les cercles d' auréoles,
Ce que l'oeil à main nue peut sentir d' impalpable;
Ils innocenteraient les ivresses coupables,
Ces transports hors de soi, divins souffles d' Eole.

A même l' âme aimée ils humeraient l' encens
Des sens désaltérés purs depuis l' origine;
L' archangélique science aux saveurs androgynes,
Vérité sacrifiée des Prophètes en sang.

Ils scruteraient à coeur la chair de leur scrutin
Aux balances aigües du final jugement
Dont la médiane épée dessine également
Sa cible en noir ou blanc au front de son butin.

Mane, thessel, phares, leur unique devise
Engourdirait leurs membres rompus aux offenses;
Nul ne profanerait les autels de l' enfance,
Ôtant de ses envies le néant qui divise.

Aux soirs écartelés du clair-obscur des pôles,
Leurs hymnes psalmodiées teinteraient les noirceurs
Du prisme lactescent d' une matrice soeur
Nourrie des fluides forces d' une mâle épaule.


samedi 26 janvier 2013

Maïeutique

Burne Jones : la mort de Méduse


Retirons la mémoire, princesse damnée,
 Cassandre sinistrée, mensongère Circé,
 Pétrifiante Méduse vaincue par Persée,
Va ravauder le temps en filant les années.

 Ôtons tout le vécu de nos tissus de chair,
Ce que l' aube a séché de nos suées de pleurs,
 Ce que le crépuscule a étoilé de fleurs,
 Les minutes haïes, les heures payées cher...

 Va faire des enfants à la métempsychose.
 Supprimons l' arrogance de nos certitudes,
 Les réflexes forcés,les nobles servitudes,
 Recule ô mon orgueil c' est à toi que je cause!

 Vade retro confort des cages adorées,
 Mort au ronronnement des soyeux traversins,
 Apposons nos vétos à tout rire porcin,
 Qu' occis soit le foetus des haines abhorrées.

 Mais que restera-t-il après ce nettoyage?
 Quelques cailloux lancés par une main menue,
 Ma palpitante peau espérant ta venue,
L' atomique fusion des ultimes voyages.


mercredi 16 janvier 2013

fleur bleue

Merci à F.D pour cette sublime chanson qui a inspiré cette petite digression. Alexander John White

 Les pores de ta peau de fruit hurlaient famine,
 Bleus les yeux, bleu le ciel, bleues les moitiés d' orange,
 Tout un monde immortel dans ta pupille d' ange
 D' éclore si pressé, ces globes des gamines.

 L' enfance est un velours aux formes arrondies,
 La glaise glisse au long des angles adoucis,
 Les bouquets de bluettes chassent les soucis,
Toute larme est dissoute en de savants non-dits.

 Ce velours bleu des jours te tissait ton linceul,
 L' arachnéenne trame en forme d' échiquier
 Déchiquetait le fil des lendemains inquiets,
 Il faut penser ses bleus, il faut se panser seul.

 Le sablier se vide et la froideur se sent,
 Des mains d' inquisiteur ont posé sur ta bouche
Les scellés.Le nom de qui a souillé ta couche,
 Etoilé tes dessous d' astérisques de sang,

 Le vent va l' avouer sur les murs des falaises,
 Aux roches balayées par le ressac qui fouette
Les algues de velours, bercées du chant des mouettes,
 Comme la mer est bleue, comme douce est la glaise...


mercredi 9 janvier 2013

opera bouffe

Picasso: dom Quichotte



Traître de corps , pourtant, il te faut te nourrir.
 Vile et faible charogne condamnée aux vers,
Ta peau nacrée bleuie, pâlit et vire au vert
 En cas de jeûne austère au risque de mourir.

 Quelle malédiction nous valut la sentence
 D' oublier chaque jour notre nature ailée,
De ciel et d' océan et de forêts mêlés,
 Condamnant l' estomac à d' infectes bombances.

 Nous les voués aux cîmes, destinés aux crêtes,
Pourquoi choir dans l' abîme des orgies païennes,
 Sommes nous des vautours, des prédateurs, des hyènes,
Ou d' ascétiques saints doublés d' anachorètes?

 La politesse veut qu' aux plats l' on fasse honneur,
 Je vomis l' étiquette aux sottes convenances,
Ces fêtes aux relents arrières goûts de rance
 Vont précéder l' Ankou, l' ultime moissonneur.

 Si ce faucheur zélé à l' oreille chuchote
 Qu' enfin il est grand temps, que mon heure est venue,
Je veux pour mon tombeau un cadavre menu,
Tout charnu d' idéal, efflanqué Dom Quichotte.