Alexander John WhiteLes pores de ta peau de fruit hurlaient famine,
Bleus les yeux, bleu le ciel, bleues les moitiés d' orange,
Tout un monde immortel dans ta pupille d' ange
D' éclore si pressé, ces globes des gamines.
L' enfance est un velours aux formes arrondies,
La glaise glisse au long des angles adoucis,
Les bouquets de bluettes chassent les soucis,
Toute larme est dissoute en de savants non-dits.
Ce velours bleu des jours te tissait ton linceul,
L' arachnéenne trame en forme d' échiquier
Déchiquetait le fil des lendemains inquiets,
Il faut penser ses bleus, il faut se panser seul.
Le sablier se vide et la froideur se sent,
Des mains d' inquisiteur ont posé sur ta bouche
Les scellés.Le nom de qui a souillé ta couche,
Etoilé tes dessous d' astérisques de sang,
Le vent va l' avouer sur les murs des falaises,
Aux roches balayées par le ressac qui fouette
Les algues de velours, bercées du chant des mouettes,
Comme la mer est bleue, comme douce est la glaise...




