
Il faudra bien subir l'assaut, l'ultime affront,
Les tempes palpitantes sous la déchirure,
Les plaies plus triturées que des trous de serrure,
Les glandes gangrenées,la suée moite au front.
Quand l'œil s'épuisera à transpercer l'opaque,
Quand le meli- melo des bruits atténués
Glissera sur la peau,de frissons dénués ...
Finies les guérisons,révolue toute Pâque!
J'exige de savoir à ce moment précis,
Tandis que les organes usés se verolent,
Qui a le dernier mot et quel porte-parole
Depuis l'aube des temps fit le juste récit.
L'abîme de la tombe est-il gouffre béant?
Quel ciel va féconder l'humus des os friables?
Quelque stellaire arpège ou quelque antre de diable,
La vis sans fin des vies, l'amnésie, le néant?
Plutôt que d'entrevoir l'eden de mes aînés,
La danse des aimés qui de loin feraient signe,
Aveuglante clarté dont je serais indigne,
Il vaudrait mieux pour moi de n'être jamais née.