mardi 11 février 2014

Retirez vous vos yeux me brûlent ( la bête de Cocteau)

Jean Delville: l' idole de la perversité.


Fortune courtisane adonnée au sadisme,
Ta sanguinolente étreinte  fut infligée
Aux dermes affligés qui ont désobligé
L' isthme des destinées érigées en ton prisme.

L' égratignure teint les doigts des évadés,
J' ai mal à leur mollet écorché à la course,
Ce gibier fusillé d' avoir bu à la source,
les déserteurs haineux des marches saccadées.

J' ai mal à vos poignets suintant mille misères,
Perdants de rodéos, plus faibles qu' équidés,
Erodés des écueils, mes frères suicidés,
Aux vagues tourmentées vos rames s'épuisèrent.

Le deuil à petit feu d' illusions décédées,
De mesquines envies en rêves rétrécis,
J' ai mal au spectre vil aux contours imprécis,
Cesse donc de hanter mes heures obsédées.

Ce que souffre la chair n' est rien qu' une écorchure,
Le fléau , ce haut mal de la médiocrité,
Tue le lobe frontal de l' humble vérité
Qui terrassa jadis les anges qui déchurent.

Qu' un coeur compatissant soit à jamais loué,
Agonisant afin qu' à la fin ils se sauvent,
 Percé d' un arc en ciel virant de bleus en mauves,
J' ai mal aux crucifiés, j' ai mal aux mains clouées.






16 commentaires:

  1. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Fort heureusement, la toile qui aurait pu restreindre les horizons à un petit carré n' a fait que les ouvrir à l' infini,c' est constellation dont je ne cesse de découvrir les Etoiles, je suis enchantée de te connaître, toutes tes références me parlent, à bientôt!

      Supprimer
  2. Tu m'as mis cher ce coup-ci, j'ai relu plusieurs fois, parce que c'est dense et polysémique.

    En tout cas, moi aussi souvent et à plus d'un titre la tentation me vient de dire : "j'ai mal"...

    Sinon tu connais "On Melancholy Hill" de Gorillaz ? Très belle.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Tu cèdes souvent à cette tentation avec humour et colère, c' est moins geignard mais tout aussi efficace, j' aime bien les " rageux"!

      Supprimer
  3. Magnifique et perçant ta souffrance, ton talent se conjugue aux mille maux des hommes que tu prends sur toi accordant pardons et festins de ton âme ^^

    Tu es meilleure à chaque fois, comme un goûter de roi, accentuant groseilles et mirabelles pour finir étouffé sous les fruits gonflés, seulement arrêtés par le plafond...Mille besos ma Belle ♥
    Jack

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Coucou pirate, tes textes sensuels et sulfureux me manquent, merci pour cette caresse du vent , je t' enveloppe de tendresse.

      Supprimer
  4. Mon oreiller me fait mal aux cheveux.. mes rêves sont démesurés.
    As-tu mal à mon échine alourdie par les jours démissionnaires qui s'entassent comme une sclérose ?

    J'écoute Manset "Revivre".. parfait pour lire tes mots.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je le sais, tu les peins tes rêves démesurés, et oui nous partageons ce sens ancré de l' impermanence de l' être et de notre vulnérabilité,j' ai mal à toi mais j' ai "bien" aussi, car se sentir en harmonie avec les compagnons de terre, ça réchauffe!

      Supprimer
  5. Les énigmes plantées dans chaque mot me laissent étourdis par tant de forces suggestives, mais en scannant leur sens profond, je trouve la justesse de tes mots aussi limpides que l'eau du Zemzem.

    RépondreSupprimer
  6. L' eau du Zemzem, comme c' est poétique,voilà qui est pur et rafraîchissant, " étourdi" , c' est un bien joli mot, toi aussi tu me donnes le vertige avec ta profonde gentillesse.

    RépondreSupprimer
  7. Hmm..♥ J'aime tant goûter à tes commentaires comme des frôlements doux que je suis revenu chercher mon tricorne pour te saluer comme il se doit ;)

    RépondreSupprimer
  8. coucou Orfee !
    Arf je le déplore, mais j'ai vraiment du mal avec la poésie.
    J'en suis restée à Beaudelaire, Supervielle à la rigueur avec ses Amis Inconnus.
    J'espère que tu me pardonnes !
    Mais je lis tout ce que tu postes, et je t'en remercie.

    RépondreSupprimer
  9. Ma petite mouette, je ne peux pas t' en vouloir d' aimer le Maître et je ne t' oblige pas du tout à me lire, si moi je te lis c' est pour mon plaisir, je n' attends pas de réciprocité, et je t' aime quand même, non mais! Gros bisou!

    RépondreSupprimer
  10. Bonsoir Isabelle,

    La symbolique de ta poésie est souvent très riche, très dense et plait à Dieu de tout y déceler...
    J'y ressens souvent une irrépréssible et inconsciente quête vers l'absolution, la rédemption...Le Salut et la Paix de l'Ame...Me trompe-je ?

    En lien,

    1) mes éternelles incartades musicales :

    http://www.youtube.com/watch?v=bRt5z880CFY

    2) Ce site GENIAL, à découvrir, explorer, et redécouvrir encore (bon évermeillement).

    http://michelkoven.wordpress.com/2012/06/22/nereides-and-sirens-6/

    Poétiquement,

    Maxence.



    RépondreSupprimer
  11. Ah Maxence, ce que tu peux me manquer! Dépêche toi de refaire un site, c' était en réel bonheur pour moi de te lire.Cette page est une merveille en effet, tous mes peintres idolâtrés, Leighton, waterhouse, Burne Jones et des extraits de Melyes, dommage qu' elle soit en anglais...J' ai toujours savouré ton éclectisme musical, sans la fierté mal placée du parti pris passéiste ou classique, tu es un aristocrate des Lumières.
    Bien sûr tu as tout compris, tu as toujours lu en mon âme, je cherche un impossible pardon, et une impossible paix tant m' angoissent les énigmes du Ciel et mon inadaptation à la beauté spirituelle.Merci de continuer à me tenir la main à distance, je t' embrasse, mon séraphique ami.

    RépondreSupprimer

Lâche toi de toute façon tu es modéré...