vendredi 6 janvier 2012

sans visa ge

Chirico: l' homme cible




A l' aube de tout temps, on arrive en ce port,
Hurlant un cri strident d' une béante bouche,
On part vers l' horizon où le soleil se couche,
Sans visage, sans yeux,sans ciel, sans passeport.

Il faudra bien lutter comme un lion dans la jungle,
Oeil pour oeil, dent pour dent, un taureau dans l' arène,
Voguer, les noeuds houleux, les trous dans la carène,
Les voiles déchirées que le vent violent cingle.

La mer , le ciel , le feu , luisants comme un miroir,
Leur fluide magma, leur opaque lumière,
Tel un glacial manteau fleurant la mise en bière,
Rappellent aux matins l' imminence du soir.

Comme les libertins, l' ancien spectre me hante,
Paternel et masqué, fantôme vénitien,
J' ai dû signer le pacte et lui seul l' a fait sien,
Vouant au dépérir les plaisirs qui me tentent.

Tout n' est que solitude ou n' est que vacuité,
Rien ne me guérira, nulle métamorphose,
Pas même le néant , si à la fin je l' ose,
Car naître nous condamne à la perpétuité.


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